«Si tout va bien - et nous y travaillons avec Pascal Couchepin -, le programme Media commencera début mai», espère Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la société de l'information et des médias. Lundi, tandis que la Suisse et l'UE signeront à Bruxelles le texte qui encadre la dépense du fameux milliard suisse pour les nouveaux pays, les chefs de la diplomatie européenne ratifieront les accords sur les statistiques, sur l'environnement et sur le retour de Berne dans le programme Media, quitté au lendemain du non à l'EEE. Viviane Reding détaille pour Le Temps ce que la Suisse peut attendre de ces retrouvailles avec Media.

«Media fait voyager les films. Les films suisses à Helsinki, les films danois à Berne, etc. Neuf films sur dix qui quittent leur territoire de production voyagent avec lui.» Quant aux professionnels du cinéma suisses, ils seront «dans un vaste réseau de cinéastes, de cinémas, de formation, de développement». A quoi s'ajoute une perspective économique: «Un film suisse n'a que le marché suisse et son revenu est réduit, note la commissaire. Si ce marché s'ouvre à tout le continent européen, cela signifie plus d'argent pour les producteurs et cinéastes.»

4,2 millions de francs par an

Selon la Commission, Media devrait toutefois pâtir de l'accord passé en décembre entre chefs d'Etat et de gouvernement sur le budget européen 2007-2013: «Je ne pense pas que le programme de base soit touché, nuance Viviane Reding. Mais dans le nouveau programme Media, je propose des actions fortes sur la numérisation des salles de cinéma, des films et dans la formation des professionnels. Ce paquet risque d'être moins efficace s'il y a des coupes dans le budget.» Combien la Suisse versera-t-elle au «pot» Media dans ces conditions? «Si le programme baisse, la participation des uns et des autres va aussi baisser. J'ai entendu pour la Suisse un chiffre de 4,2 millions de francs par an, qui correspondrait à la capacité du cinéma suisse.» Mais, dit-elle, Media est un programme «pour lequel on propose des projets. S'ils sont bons, qu'ils soient au-dessous ou au-dessus de la somme investie, ils sont acceptés. Le tout est donc de savoir comment la Suisse et ses professionnels seront capables de proposer des projets qui auront du succès.»

Si cette Luxembourgeoise aime la Suisse où elle passe ses vacances, elle confie que le pays n'est pas au centre des débats entre commissaires: «Cela étonne toujours mes interlocuteurs suisses, mais on ne parle pas de la Suisse dans la Commission européenne. Ce n'est pas un pays qui entre dans la gestion journalière de la politique. Depuis que je suis à la Commission, et cela fait maintenant six ans, on a peut-être parlé une fois de la Suisse pendant cinq minutes.»