Sous la Coupole, les partisans de l'initiative se montrent plutôt pessimistes. Mais, à l'image de Hans Fehr ou du secrétaire général de l'UDC Yves Bichsel, certains veulent encore y croire, fustigeant les enquêtes d'opinion, et rappelant le retournement de situation qui s'était opéré en 2004.

Cette année-là, le peuple s'était prononcé sur les naturalisations facilitées. Le sondage réalisé quinze jours avant le vote avait donné le oui vainqueur à hauteur de 64% pour les étrangers de la troisième génération, et à 53% pour les étrangers de la deuxième génération. Au final, les objets ont été rejetés par 53%, respectivement 57%.

Cette année, un renversement spectaculaire s'est déjà produit. Les sondages, menés comme en 2004 par gfs.bern pour la SSR, créditaient l'initiative «pour des naturalisations facilitées» de 48% de oui mi-avril. Une part qui s'est étiolée à 33% un mois plus tard.

Pour plusieurs observateurs, ce n'est pas une réelle surprise. A leurs yeux, le premier sondage était excessif à un moment où les gens ne connaissent pas les enjeux. Et le second l'est sans doute dans l'autre sens. Car un certain nombre de partisans du projet n'osent pas donner leur vrai point de vue dans un sondage. De là à renverser la vapeur?