François-Xavier Paccaud, sous-directeur de Prometerre, ne doute pas que l'élan des sociétés de jeunesse participe d'un «large phénomène de retour aux racines». Un «Pont de rösti» réunissait 12 000 personnes à Bercher l'an dernier, le brunch à la ferme ou les formules du type «aventure sur la paille» marchent fort, les prospectus ad hoc s'arrachent dans les offices du tourisme. Quant au gîte rural, «la demande dépasse largement l'offre», souligne-t-il. Le problème, ici, tient moins au désintérêt paysan qu'aux entraves réglementaires maintenues sous la pression, entre autres, des cafetiers et hôteliers craignant la concurrence (à tort, à en juger par l'expérience française). S'y ajoute la difficulté d'obtenir des crédits de rénovation; la situation pourrait s'améliorer avec la nouvelle loi fédérale sur l'agriculture.

Autre signe, les marchés paysans, dotés désormais d'une charte éthique, connaissent un développement réjouissant. Ainsi, Marinette Tardi, qui organise une grande Fête de la Courge à Saint-Prex le 4 octobre, est ravie que l'on redécouvre les «plaisirs sains». Quant à Laurence Cretegny, présidente de l'Association vaudoise de tourisme rural, elle n'avait qu'une minute au téléphone: le pain attendait au four pour le brunch du 1er Août (400 inscrits!), et il fallait préparer le prochain marché à la ferme: «C'est la course!» J.-C. P.