A dix-huit mois du renouvellement du parlement, et donc à vingt mois de la possible reconduction de son mandat de conseiller fédéral, Hans-Rudolf Merz a convoqué les médias mercredi pour faire le point sur les chantiers qu'il a ouverts.

Il a profité de la trêve pascale pour le faire - le Conseil fédéral ne se réunit pas cette semaine. Il a aussi pris prétexte du fait que les contribuables suisses consacrent le revenu de 108 jours de leur travail au paiement de leurs impôts. Or, ce 19 avril était le 109e jour de l'année.

Mais laissons l'anecdote de côté et penchons-nous sur les chantiers ouverts par le ministre des Finances. Ceux-ci sont nombreux.

- Le budget en bonne voieLe rééquilibrage du budget est probablement le dossier qui a le plus avancé depuis que l'Appenzellois est entré au gouvernement. Mais l'opération avait été lancée avant son arrivée. Kaspar Villiger avait fait voter le frein à l'endettement et le programme d'allégement budgétaire 2003. Il avait aussi mis en route le programme d'économies 2004, que Hans-Rudolf Merz a fait accepter par le parlement.

Le «bon» résultat des comptes 2005 - un déficit de 100 millions au lieu de 1,8 milliard - est le fruit de cette stratégie, mais c'est aussi l'amorce d'une embellie du côté des recettes fiscales. «Un tel résultat est dangereux, car il incite à l'euphorie», commente-t-il. Pas question de relâcher l'effort et de renoncer aux réformes.

- Alléger l'administrationAu chapitre des réformes, c'est celle de l'administration qui suscite la plus grande curiosité. «Ce projet n'est pas en panne», assure Hans-Rudolf Merz. Il en veut pour preuve que «le Conseil fédéral devrait prendre les premières décisions la semaine prochaine». Ce projet vise à «supprimer les doublons» et se subdivise en une multitude de sous-projets internes aux départements ou transversaux. Ceux-ci vont de la conduite des offices à la rationalisation des achats en passant par la gestion des ressources humaines, la simplification des procédures ou la remise en question des commissions extraparlementaires. Mais il est difficile d'évaluer les économies qu'on peut en attendre.

- Tâches de l'Etat au scannerEn parallèle, Hans-Rudolf Merz a décidé de passer au scanner les tâches exécutées par la Confédération. «Un exercice passionnant», commente-t-il. Les tâches de l'Etat ont été réparties en 18 groupes et plusieurs scénarios sont envisagés. Au bout du compte, il espère que la Confédération pourra renoncer à certaines activités. Une première étape a d'ores et déjà été franchie. Une série de 160 mesures ont déjà été décidées, qui permettront d'économiser 190 millions par année.

- Une TVA moins complexeLe ministre radical rêve de simplifier le système fiscal. Cela concerne en premier lieu la TVA. Il souhaite remplacer les trois taux existants (7,6%, 3,6% et 2,4%) par un taux unique et supprimer les exceptions. Il présentera son projet de révision de la TVA dans le courant de l'année. On peut cependant douter qu'il atteigne son objectif idéal de taux unique.

- L'égalité pour les couplesAprès l'échec du paquet fiscal, il a proposé une autre solution pour atténuer la charge qui pèse sur les couples mariés à deux revenus. Mais son idée d'augmenter la déduction accordée sur le deuxième revenu n'a pas passé le cap de la consultation. Il l'a remplacée par une combinaison entre une hausse modérée de cette déduction avec un abattement général pour tous les couples. Le parlement sera saisi avant l'été. Quant au changement de système, il sera mis en discussion en fin d'année. Sont en compétition l'imposition individuelle (défendue par le PS et le PRD) et une nouvelle forme de splitting familial (appuyée par le PDC et l'UDC).

- Désengagement de l'EtatHans-Rudolf Merz aura ces prochains mois la lourde tâche de défendre la privatisation de Swisscom, à laquelle il croit, devant un parlement fortement récalcitrant. En revanche, il n'est pas favorable à la privatisation de la SUVA.