Vaud

Revers pour un chemin lacustre à La Tour-de-Peilz

Les élus ont refusé un crédit d’étude. La population avait accepté le projet de sentier en 2010. L’incertitude règne sur le sort de la promenade

Une majorité du parlement communal de La Tour-de-Peilz, sur la Riviera vaudoise, a refusé un crédit d’étude destiné à la réalisation d’un chemin lacustre. Malgré le «oui» de la population en 2010, une première à l’époque – dont Gland sur la Côte a suivi l’exemple cette année –, le sentier au bord du Léman se heurte à des résistances et des écueils administratifs qui pourraient le repousser jusqu’en 2019.

Ce n’est pas étonnant. L’accès aux rives des lacs suisses provoque depuis des lustres des disputes sans fin. D’un côté, les partisans des promeneurs invoquent les lois qui garantissent le droit collectif à jouir des berges. De l’autre, les riverains concernés s’opposent au passage sur leurs propriétés.

Accusations mutuelles

Mercredi soir, les élus de La Tour-de-Peilz ont écarté un préavis municipal demandant 700 000 francs. La majorité, de droite, a considéré qu’il était trop cher. Le montant devait servir à établir le tracé et les coûts de la promenade de deux kilomètres environ. Au moment du scrutin, la voie pédestre avait été estimée à 3,6 millions de francs, dont l’Etat de Vaud couvrirait la moitié. Le tronçon permettrait de parcourir sans interruption la totalité du rivage de la commune.

Les deux camps s’accusent mutuellement de l’échec. Du côté de l’exécutif, on évoque l’impossibilité légale de bâtir le sentier sur le domaine public, comme souhaité par les porteurs de l’initiative. Du coup, explique le municipal PLR Frédéric Grognuz, il a fallu grossir le crédit pour examiner, notamment, le prix à payer pour les expropriations nécessaires. Du côté des membres de l’Association Rives du lac (ARL), on déplore «la mauvaise foi de l’exécutif»: 300 000 francs auraient suffi, juge-t-elle. Le rejet dénie la volonté populaire, dénonce l’ARL. Elle compte d’ailleurs déposer un recours contre la décision du parlement. En attendant, la confusion règne. Personne ne semble savoir comment sortir de l’impasse.

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