Malgré une certaine déception, Cédric Wermuth, l’un des auteurs de l’initiative des Jeunes socialistes 1 :12, ne montrait pas d’amertume, dimanche, à l’issue du scrutin. Selon lui, le refus de l’initiative «ne referme pas définitivement la question des salaires abusifs. La droite bourgeoise avait promis de mettre fin au scandale des rémunérations excessives par d’autres moyens. Elle ne fera rien. Dans quatre ou cinq ans, il y aura de nouveaux scandales et nous reviendrons donc.»

L’ancien président de la Juso admet que son organisation n’était «pas encore assez crédible pour prétendre changer les règles fondamentales de l’économie. Mais […] une nouvelle génération s’est aguerrie, qui fera de la justice sociale son principal combat.»

Selon lui, l’annonce de nouvelles conventions collectives augmentant le salaire minimum dans différentes branches, comme le commerce de détail, montre que la pression conjuguée des partenaires sociaux et de l’action politique finit par payer. «Nous allons profiter du débat sur la libre circulation pour la Croatie afin d’augmenter la pression», annonce-t-il.

A l’inverse, le libéral-radical zurichois Ruedi Noser considère la question des salaires abusifs comme «réglée», et pense que l’initiative sur le salaire minimum connaîtra le même sort que 1:12. Les Suisses «n’ont pas voulu imiter tout ce qui fonctionne mal à l’étranger, dans des pays endettés jusqu’au cou où l’Etat se mêle de l’économie», a résumé Christophe Darbellay, président du PDC.