«La sécurité en partage» serait un habile slogan politique s'il était autre chose qu'une construction rhétorique élaborée pour sauver l'unité du Parti démocrate-chrétien. Car pour le commun des mortels, le mot sécurité renvoie d'abord à la protection et évoque la délinquance, la violence, plutôt que l'ouverture aux autres, l'innovation ou la solidarité.

Les Alémaniques ne s'y tromperont pas. Pour eux, il signifiera lutte contre la criminalité et peut-être s'en satisferont-ils. Mais alors autant voter pour l'UDC dont le programme et le message en ce domaine sont autrement plus clairs. L'électeur de Suisse centrale saurait au moins qu'en attendre.

Quant aux Romands, ils devront se montrer subtils: la sécurité par l'ouverture telle qu'esquissée par Joseph Deiss ou la sécurité par l'innovation défendue par Jean-Philippe Maitre répondent à la logique suivante: «J'ai confiance, donc je suis fort, donc je m'ouvre.» Un beau sujet de réflexion philosophique, mais ô combien compliqué.

Non seulement «la sécurité en partage» est un message difficile à communiquer, mais en plus il n'évite pas les risques de contradictions. Alors que les dossiers politiques sont de plus en plus mêlés, quel thème aura la priorité? La protection, la solidarité, l'innovation? Ou pour prendre un exemple dans le cadre de l'asile: faut-il alléger les finances fédérales et permettre aux réfugiés de travailler, au risque de rendre la Suisse plus attractive? C'est sur leur aptitude à répondre à ce genre de questions que les démocrates-chrétiens gagneront leur pari.

Ch. H.