Lac Léman

Le Rhône va retrouver une nouvelle jeunesse

Vétuste, le bateau à vapeur Le Rhône s’offre un lissage à 16 millions de francs, financé par les cantons lémaniques et des privés. Une mise à flot est prévue dès la fin 2020

«Après 90 ans de bons et loyaux services, le dernier bateau de la flotte Belle Epoque doit être rénové et remis aux normes pour lui assurer une deuxième vie d’au moins 30 ans», a déclaré jeudi Luc-Antoine Baehni, le directeur général de la Compagnie générale de navigation sur le lac Léman (CGN). Il présentait le détail des travaux de rénovation du bateau à vapeur Le Rhône et les coûts du chantier, qui doit commencer l’an prochain et durer jusqu’à fin 2020.

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Datant de 1927, le navire est le benjamin de la flotte historique, qui compte huit bateaux à roues à aubes, classés monuments historiques depuis 2011. Le Rhône a été retiré des flots du Léman il y a une année, ne respectant plus les critères de sécurité. Sa dernière rénovation remonte à 1969. Ces travaux de remise en état complète de la structure sont devisés à 15,8 millions de francs. Ses parois seront entièrement décapées et repeintes afin de résister à une forte chaleur.

Moins de places

Le bateau de 68 mètres de long pourra accueillir jusqu’à 600 passagers, contre 850 actuellement. Il doit être adapté aux personnes à mobilité réduite. Le confort du salon Belle Epoque sera amélioré, les cuisines et sanitaires modernisés pour remplir les standards d’hygiène. L’embarcation aura droit à de nouvelles chaudières, dotées de filtres à particules.

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Avec toutes ces transformations, «le but n’est pas de créer un nouveau bateau, mais d’ouvrir un nouveau chapitre», a souligné la présidente du gouvernement vaudois, Nuria Gorrite. En effet, l’aspect originel du navire sera conservé autant que possible, selon le communiqué de presse.

Vaud finance la moitié

Les 15,8 millions de francs sont majoritairement financés par le canton de Vaud. Le Conseil d’Etat vient de demander au Grand Conseil un crédit de 7,6 millions en ce sens. Le canton de Genève participe à hauteur de 4,2 millions, le Valais à un peu plus d’un million. Les 3 millions restants proviennent de l’Association des amis des bateaux à vapeur du Léman (ABVL).

La deuxième vie du Rhône sonnera le glas du bateau à hélices Général-Guisan. Celui-ci partira définitivement à la retraite. «Le rénover n’est pas réaliste», a souligné Nuria Gorrite.

Davantage de liaisons Suisse-France

Ces dix prochaines années, après la remise en état du Rhône, ce sera au tour du Simplon et de L’Helvétie de retrouver leur prime jeunesse. Ce dernier a été désarmé en 2002 déjà. Si Le Rhône a eu la priorité malgré son «jeune» âge, c’est parce qu’il présente une particularité: sa machine à vapeur équipée d’un système de graissage automatique.

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Outre le tourisme, Vaud veut aussi développer les liaisons transfrontalières sur le lac: il s’est allié aux autorités françaises pour améliorer la desserte entre Lausanne et Evian. Un nouveau bateau, moderne et capable de transporter 500 passagers, sera acheté pour environ 15 millions de francs. L'annonce avait déjà été faite fin mai. Un appel d’offres international va être lancé. Le canton communiquera à ce sujet fin janvier.

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