La tension a été forte jusqu’au bout. Les résultats du vote, ce dimanche, diront finalement si les Suisses acceptent la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III). Ce projet complexe, qui vise d’abord à supprimer des régimes spéciaux appliqués aux multinationales, paraissait difficile à comprendre au début de la campagne, ce qui laissait augurer des débats peu agités. Le premier sondage donnait une courte majorité à la réforme.

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Le second sondage gfs a mis partisans et opposants face à face, avec un négligeable point d’écart. Dès lors, l’incertitude est devenue totale.

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En fait, les jeux ont été marqués par trois points qui ont pesé sur le projet. La faiblesse de la campagne des partisans, d’abord; les milieux de la grande économie se sont contentés d’affiches édifiantes, sans autre effort, tandis que la gauche et l’extrême gauche fanfaronnaient en tous sens.

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A tort ou à raison, les opposants ont fait dériver le débat sur la question de la fiscalité des entreprises à celle, plus large, de l’imposition des familles.

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Enfin, les propos d’Eveline Widmer-Schlumpf ont sans doute fait grand fracas. Pourtant à l’origine de la réforme, l’ancienne conseillère fédérale a fustigé le produit sorti du parlement et soumis au peuple. Un coup dur.

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Alors? Le doute sur la capacité des promoteurs du projet à convaincre les Suisses n’a cessé de grandir. A noter qu’il s’agit d’un pur vote populaire: il découle d’un référendum, la majorité des cantons n’est donc pas requise.


Naturalisation facilitée: le seuil des cantons

En revanche, la double majorité est nécessaire pour le projet de naturalisation facilitée des étrangers de la troisième génération, exigence qui risque d’être fatale pour ce projet porté par la socialiste vaudoise Ada Marra. Malgré une énième variation de l’UDC sur le motif de la burqa, la campagne n’a pas été d’une franche vigueur.

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Forta: une acceptation prévue

Quant au fonds routier Forta, son acceptation ne paraît guère faire de doute. La géopolitique du vote des Romands sera intéressante à analyser, en raison des projets qui pourraient en profiter.

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Quant aux objets cantonaux, sans conteste, l’enjeu le plus vif de ce dimanche se trouve à Neuchâtel, où les votants doivent se prononcer sur la réforme hospitalière. Ce débat a porté à vif les tensions entre le Haut et le Bas du canton.

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Ajoutons qu’au moment où va avoir lieu un dimanche XXL aux Mondiaux de ski à Saint-Moritz, avec les descentes femmes et hommes à la suite, les électeurs décident du sort de l’éventuelle candidature des Grisons aux Jeux olympiques de 2026.

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