« Cette fois rien n’est gratuit . Même le PBD ne peut pas partir du principe que le PDC réélira Eveline Widmer-Schlumpf automatiquement et sans conditions ». En lançant cet avertissement dans le quotidien Blick, mardi, le président du PDC Christophe Darbellay a mis un peu de pression sur le petit parti né de la scission avec l’UDC. Certains y ont vu la résurgence de l’idée d’un groupe commun PDC/PBD caressée avant les élections et qui justifierait la revendication de deux sièges au Conseil fédéral. On sait que pour Hans Grunder, président du PBD, une fusion avec le PDC n’entre en aucune façon en ligne d e compte. Le PBD entend s’affirmer avec son propre groupe parlementaire.

« Il ne faut pas surinterpréter cette déclaration », prévient le secrétaire général du PDC Tim Frey, en l’absence de son président, même si, ajoute-t-il en riant, « le PDC est souvent trop chrétien avec les autres partis et donne beaucoup sans rien recevoir ». En fait, précise Tim Frey, avant de décider ou non de son soutien à Eveline Widmer-Schlumpf, le PDC veut savoir quelle sera l’attitude des autres partis, notamment du Parti libéral-radical et des socialistes ». Ceux-ci, selon Christoph Darbellay, pourraient empêcher la réélection de la Grisonne en passant une entente avec l’UDC. Le PDC ne prendra donc pas le risque de soutenir seul la ministre des Finances.

De plus, avec un renouvellement de plus d’un tiers du groupe, la direction du PDC veut d’abord savoir quelle est la position des nouveaux élus. Même si le PBD est proche du PDC, dont il a repris les grands thèmes du programme, les démocrates-chrétiens entendent bien obtenir quelques assurances avant de promettre leur soutien.