Le risque de contracter le virus Ebola en Suisse continue à être considéré comme faible. Le Conseil fédéral a tenu mercredi à rassurer, après avoir fait le point sur la situation en Afrique de l’Ouest et les préparatifs en Suisse pour gérer d’éventuels malades.

«Même si le risque est faible, on ne peut pas exclure l’apparition d’un ou plusieurs cas de virus Ebola», a déclaré le ministre de la santé Alain Berset devant la presse. Néanmoins, les autorités se préparent à toute éventualité depuis des mois.

Les mesures prises jusqu’ici sont efficaces et réexaminées en permanence afin d’être ajustées en cas de besoin, a constaté le conseiller fédéral. Les travaux se concentrent sur les hôpitaux, les aéroports et les centres d’enregistrement pour requérants d’asile.

Plusieurs hôpitaux helvétiques sont en mesure de traiter des patients contaminés par le virus Ebola. «Nous sommes bien préparés dans le domaine médical et les capacités pourraient être rapidement augmentées si nécessaire», a affirmé M.Berset.

Pas de fermeture des frontières

Pour ce qui est des aéroports, le Conseil fédéral n’envisage pas de contrôler systématiquement les passagers en provenance des pays à risque. La Suisse ne possède en effet pas de liaison aérienne directe avec la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.

Il est bien plus important que des contrôles stricts puissent être effectués au départ depuis les pays d’Afrique de l’Ouest, d’après le Fribourgeois. La Suisse participe aux discussions en cours à ce sujet avec l’Union européenne.

Dans le secteur de l’asile, la procédure appliquée dans les centres d’enregistrement pour identifier les requérants susceptibles d’être contaminés par Ebola a prouvé son efficacité, par exemple lors du cas survenu à Vallorbe (VD).

Il serait contreproductif de fermer les frontières aux personnes originaires de Guinée, du Libéria ou de Sierra Leone. Les intéressés passeraient dans la clandestinité et risqueraient bien plus de diffuser la maladie, a estimé M.Berset.

Le virus Ebola va occuper le monde entier encore pendant des mois, d’après lui. Il est donc important d’aider sur place. La Suisse a attribué jusqu’ici neuf millions de francs pour soutenir les activités déployées par des organisations partenaires de l’aide humanitaire helvétique au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone, pays les plus touchés.

L’idée d’envoyer deux ou trois hélicoptères de l’armée et environ 90 volontaires sur place demeure en suspens. Le détachement servirait à transporter du personnel humanitaire ou médical ainsi que du matériel dans les régions reculées d’Afrique de l’Ouest.