Elles se sont brièvement présentées, puis ont été soumises à la question. Rita Roos et Ruth Metzler, les deux candidates démocrates-chrétiennes à l'élection au Conseil fédéral, ont rencontré samedi à Berne une délégation d'une trentaine de femmes parlementaires. Ces dernières ont ainsi pu découvrir ces deux prétendantes, avec lesquelles elles n'avaient pour la plupart jamais discuté. Leur prestation a été appréciée, en particulier celle de la Saint-Galloise Rita Roos, qui devance largement Ruth Metzler. Ce n'est pas le positionnement légèrement plus à gauche de la première qui convainc, mais surtout son envergure politique.

Les socialistes et les écologistes avaient répondu en nombre (c'est vrai qu'elles représentent le gros des troupes féminines sous la Coupole fédérale) à cet apéro informel organisé par les femmes PDC au deuxième étage du «Café du Théâtre», un lieu couru de la Capitale fédérale. Seules trois radicales avaient fait le déplacement: Christiane Langenberger (VD), Lili Nabholz (ZH) et Christine Egerszegi (AG). Les femmes du parti attendent le 1er mars pour procéder à un examen plus approfondi. Quant aux trois parlementaires de l'Union démocratique du centre (UDC), elles comptent sur le hearing de leur groupe, le 9 mars prochain, pour découvrir les candidates. La Grisonne Brigitta Gadient a toutefois précisé au Temps qu'elle opterait pour une femme pour autant qu'elle soit «compétente».

Ce même terme était sur la bouche de plusieurs parlementaires ce week-end pour souligner la qualité des deux conseillères d'Etat. «Elles sont tout aussi capables que des hommes», relève Maria Roth Bernasconi (soc./GE). Christiane Brunner (soc./GE) renchérit: «J'ai été surprise en bien. Je ne les connaissais pas. Elles sont expérimentées, ont les idées claires, savent parler et sont sûres d'elles.» La conseillère aux Etats et candidate malheureuse au Conseil fédéral en 1993 semblait très emballée, expliquant ressentir au profond d'elle-même toute l'angoisse de la candidate Roos. Ursula Hafner, présidente du groupe socialiste, a aussi été séduite, même si elle continue à regretter que le PDC ait très mal manœuvré en écartant trop rapidement des parlementaires de choix, comme la Zurichoise Rosmarie Zapfl (ZH). Le choix proposé apparaissant aujourd'hui comme acceptable, le PS renoncerait à manœuvrer en coulisse pour trouver une autre femme, d'autant qu'il craint que de tels agissements mettent en péril la place d'une seconde femme au Conseil fédéral.

Une certaine vacuité chez Ruth Metzler

A droite aussi, les louanges vont bon train. Mais, là, on relève plus clairement les limites de la conseillère d'Etat appenzelloise, son manque d'expérience politique ainsi qu'une certaine vacuité dans les réponses. Christine Egerszegi n'esquive pas: elle votera pour Rita Roos, «la plus douée». Christine Langenberger est plus elliptique, tout en relevant avec diplomatie les avantages de la Saint-Galloise.

L'écologiste Cécile Bühlmann (LU) souligne l'importance d'avoir pu enfin se faire une idée des deux candidates, même si les questions posées étaient très générales, de l'Europe, à l'asile en passant par le problème de l'égalité homme-femme. «Nous ne cherchions pas à leur faire passer un examen, mais plutôt à leur poser des questions afin de mieux appréhender leur personnalité politique et humaine.»