Urbanisme

La rive gauche enterre les Fêtes de Genève et lui préfère la plage des Eaux-Vives

Alors que les assises du tourisme ont lieu ce 15 mai, les acteurs de la rive gauche ont déjà fixé leurs attentes. S’ils se montrent favorables à la plage des Eaux-Vives, ils ne soutiennent plus les Fêtes de Genève

L’heure est au changement. A l’initiative du Département de l’économie, le canton réunit ce 15 mai tous les acteurs du tourisme genevois. Au vu de la crise qui frappe les Fêtes de Genève qui n’auront pas lieu cet été, hôteliers, restaurateurs, cliniques privées ou encore commerçants reconsidéreront l’entier de l’offre touristique à Genève, lors des assises du tourisme.

Les différents acteurs de la rive gauche de la Rade, eux, ont déjà fait leur choix. S’ils estiment que la plage des Eaux-Vives s’apprête à relancer la dynamique de la Rade, ils souhaitent que le concept des Fêtes de Genève, qui empiètent sur les quais pendant de longues semaines, soit totalement réévalué. En parallèle, le canton et la ville de Genève ont constitué un comité de pilotage afin de coordonner les différentes idées de projet à venir pour la valorisation de la Rade. Le bord du lac est en pleine évolution.

Première étape, la plage

C’est comme si elle marquait l’émergence d’une nouvelle ère sur les quais du Léman. La plage des Eaux-Vives, qui sera inaugurée à l’été 2019, concrétise les premiers pas de ce renouveau urbain sur la rade que réclamaient depuis plusieurs années les riverains, las du manque d’aménagements permettant un accès gratuit à l’eau. Actuellement en pleine construction, la nouvelle plage publique de la rive gauche s’étendra sur 500 mètres et pourra accueillir entre 6000 et 8000 personnes. La grève agrandira le port public, où pourront accoster plus de 200 bateaux dont les quais seront débarrassés. Un parc et une roselière viendront s’ajouter au site.

Jusqu’à présent, l’accès gratuit au lac était essentiellement limité à Baby-Plage. «Il est important que les citoyens accèdent facilement au lac. Cela ne devrait pas être un privilège», affirme Camilla Koudriaev, présidente de l’Association des amis de la plage, fondée afin de soutenir ce projet jusqu’à sa réalisation. Longtemps controversé, il semble aujourd’hui satisfaire la majorité des acteurs concernés. Christian Marchi, le directeur de Genève-Plage, estime que l’installation de la grève, adjacente à son établissement, lui fera certes concurrence mais l’encouragera également à renouveler une partie de son site. L’Association des intérêts des Eaux-Vives, qui s’opposait initialement au projet, approuve désormais l’aménagement de cette plage, qui devrait «augmenter la fréquentation de la Rade», dit François Lefort, son président.

Les Fêtes de Genève en phase d’extinction

Alors que la plage des Eaux-Vives s’impose comme un projet central pour la revalorisation de la Rade, la réinvention des Fêtes de Genève paraît inévitable. Au vu de la récente votation quant à leur durée (elles dureront onze jours maximum), force est de constater que ces traditionnelles agapes qui occupaient la Rade de fin juillet à début août ne suscitent plus l’enthousiasme. Sur la rive gauche, elles sont plus que jamais contestées. Gilles Urben, le gérant des Corsaires, entreprise de location de bateaux directement concernée par les festivités, estime que les fêtes défigurent totalement la Rade: «Trois semaines de zone industrielle pour dix jours de fêtes nuisibles. La Rade n’a pas besoin de cela. Pourquoi ne pas déconcentrer les Fêtes de Genève dans toute la ville? Et pour une durée plus longue?» s’irrite-t-il. François Lefort est du même avis. Les acteurs de la rive gauche ne soutiennent plus les Fêtes.

Au-delà de ce ras-le-bol collectif, les Fêtes de Genève sont bel et bien en crise. Pour rappel, les deux dernières éditions ont engendré un déficit de 10 millions de francs. Un revers tel que Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé de l’Economie, a pris les choses en main en lançant les assises du tourisme, qui seront l’occasion, entre autres, d’évoquer l’avenir de l’animation sur la Rade.

De la plage aux différents projets de valorisation

Le renouveau des lieux trouvera sa logique dans un projet plus vaste. La ville de Genève organisait en novembre 2016 un concours d’idées pour la valorisation de la Rade. Plusieurs architectes ont confronté leurs idées pour aménager le site. Le canton et la ville de Genève ont constitué un comité de pilotage en 2017 pour coordonner et mettre en œuvre ces projets. Une collaboration qui leur a permis d’élaborer une image directrice retraçant les différentes idées de valorisation de la Rade. Le 23 mai, elle sera présentée aux différents acteurs clés du site.

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