Le Revenu minimum de réinsertion (RMR) a passé la rampe de la Commission des affaires sociales du Grand Conseil genevois. Mardi soir, seuls les libéraux s'y sont opposés, de même qu'un démocrate-chrétien sur deux. Quant aux commissaires radicaux de la tendance Segond – le conseiller d'Etat initiateur du projet –, ils l'ont approuvé. Le député radical Roger Beer nourrit néanmoins quelques craintes quant au destin du RMR, en raison des amendements excessifs de la gauche: la durée d'établissement pour devenir RMRiste est réduite de cinq ans à deux ans, et la distinction entre étrangers et Suisses est supprimée. En outre, le montant du revenu lui-même est augmenté d'environ 2000 francs. Pour les libéraux, ces changements ne font que les conforter dans leur refus du principe. «Le RMR institue l'automaticité de l'aide sociale. Il n'est donc pas incitatif et ne valorise pas l'individu», estime la députée libérale Micheline Spoerri. Quoi qu'il en soit, le RMR va très probablement faire l'objet d'un référendum soutenu aussi bien par les libéraux que par le PDC. Quant aux radicaux, ils sont divisés.