Crédité d'une solide réputation, l'ambassadeur Roberto Balzaretti avait créé la surprise en quittant l'hiver dernier le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour poursuivre sa carrière dans la banque. Après quatre années passées dans l'état-major de Micheline Calmy-Rey - d'abord conseiller diplomatique, puis chef de cabinet de la ministre - le Tessinois, âgé de 42 ans, avait rejoint le 1er janvier 2008 Credit Suisse et son département «Entrepreneur Desk» pour la Suisse romande.

Renouvellement

L'expérience n'aura pas duré. Roberto Balzaretti revient au service de la Confédération, a-t-on appris à Berne la semaine dernière lors de la Conférence annuelle des ambassadeurs suisses. Il rejoint la Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONU à Genève et exerce, dès aujourd'hui, la fonction de représentant spécial de la Suisse au Conseil des droits de l'homme.

Interrogé par ce journal, le principal intéressé confirme l'information. Il reconnaît que son passage au Credit Suisse - huit petits mois - ne lui laissera pas des souvenirs impérissables. Explication sobre: «Le projet envisagé à mon engagement n'a finalement pas pu être développé. Je n'ai pas voulu patienter, j'en ai immédiatement tiré les conséquences.»

Son retour dans le giron du DFAE est rendu possible par la confiance et la grande estime que lui voue Micheline Calmy-Rey. Il s'inscrit dans un renouvellement du personnel diplomatique de la Mission suisse auprès de l'ONU à Genève. Son chef, l'ambassadeur Blaise Godet, arrive au terme de son mandat et prépare son transfert, encore cet automne, à la tête d'une importante ambassade en Asie. L'ambassadeur Jürg Streuli se concentrera désormais sur la Conférence du désarmement où il représente la Suisse. Quand à Roberto Balzaretti, il prend la direction de la Division multilatérale de la Mission.

«Un enjeu stratégique»

Il reviendra au Tessinois de défendre les intérêts et la voix de la Suisse dans le dialogue multilatéral mené avec les agences onusiennes à Genève. Roberto Balzaretti sera surtout le représentant spécial de la Suisse auprès du Conseil des droits de l'homme, une tâche jusqu'à présent dévolue au chef de la Mission. Docteur en droit de l'Université de Berne, il pourra faire valoir son expérience de la matière. Après plusieurs postes en Suisse et à l'étranger - dont Bruxelles et Washington - c'est lui qui fut nommé, en 2003, chef de la Division du Droit international et du Droit humanitaire au DFAE à Berne.

Le successeur de Blaise Godet - l'ONU doit encore formellement prendre acte de sa désignation - supervisera le travail fait par la Division multilatérale et l'autre division de la Mission, celle chargée des relations avec les Etats hôtes à Genève, elle-même conduite depuis peu par l'ambassadeur Amadeo Perez. Délesté de la tâche de représenter la Suisse au Conseil des droits de l'homme, le prochain numéro 1 de la Mission suisse pourra davantage concentrer ses efforts à défendre la Genève internationale. «Un enjeu stratégique» non seulement pour le canton et la Ville de Genève, mais aussi pour la Confédération, rappelle régulièrement Micheline Calmy-Rey.