Suisse

Roberto Cirillo reprend les rênes de La Poste

Le conseil d’administration a nommé ce binational italo-suisse de 47 ans pour succéder à Susanne Ruoff. Il arrive dans un contexte difficile

Le nouveau patron de La Poste Suisse se nomme Roberto Cirillo. Cet Italo-Suisse de 47 ans, né à Zurich mais originaire de Novazzano, au Tessin, succédera officiellement à Susanne Ruoff en avril 2019. Susanne Ruoff ayant quitté l’entreprise en juin, l’intérim restera assuré jusqu’au printemps par Ulrich Hurni, responsable de PostMail qui n’a pas déposé sa candidature pour reprendre la direction du groupe jaune.

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Roberto Cirillo est extrêmement peu connu en Suisse. Après ses études en génie mécanique à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il a suivi une formation en management à la Columbia Business School à New York puis a travaillé chez McKinsey à Zurich et à Amsterdam, a occupé pendant huit ans différents postes de direction au sein du groupe français de services Sodexo, dont il a aussi été le directeur général, avant de diriger le groupe Optegra Eye Health Care en Grande-Bretagne. Il est actuellement membre du conseil d’administration de Croda International à Londres, où il vit. Marié, Roberto Cirillo parle l’allemand, le français, l’italien, l’espagnol et l’anglais.

Cité dans un communiqué, le président du conseil d’administration de La Poste, Urs Schwaller, relève qu’il «dispose d’une longue expérience de gestion au sein de plusieurs entreprises moyennes et grandes qu’il a conduites au travers de différents processus de transformation, en gardant toujours un lien avec la Suisse». Dans le même communiqué, le futur patron de La Poste Suisse relève de son côté que, «en tant que Tessinois, j’ai eu l’opportunité d’acquérir de l’expérience dans la gestion internationale».

Sous pression de la politique

Comme celle qu’il est appelé à remplacer, Roberto Cirillo vient du secteur privé et n’a aucune expérience de direction au sein d’une entreprise publique. La Poste n’a pas que de bons souvenirs des patrons qu’elle était allée chercher hors du secteur public. Avant Susanne Ruoff, qui a fait les frais de l’affaire CarPostal, on se souvient du passage furtif de Reto Braun à la tête du groupe, fonction que cet homme venu de la branche informatique n’avait exercée que durant seize mois entre 1999 et 2000. Il avait alors succédé à Jean-Noël Rey. Le syndicat Syndicom se préoccupe précisément de ce point: «Sans expérience du service public, il doit développer rapidement une compréhension du mandat de service universel», commente-t-il dans un communiqué.

Or La Poste est plus que jamais mise sous pression par le monde politique. La restructuration du réseau des bureaux de poste ainsi que la diversification des produits vendus au guichet sont l’objet de critiques récurrentes, et pas seulement de la part de la gauche. Par ailleurs, Roberto Cirillo va prendre les commandes de La Poste dans un contexte difficile. Au terme du troisième trimestre, les produits d’exploitation et le bénéfice sont en baisse. Les premiers se sont élevés à 5,67 milliards, contre 5,942 milliards à la même époque de l’année précédente. Le résultat d’exploitation recule à 384 millions, nettement inférieur aux 686 millions relevés à fin septembre 2017. Cette évolution négative est due à l’environnement difficile dans lequel se meut PostFinance, qui espère redresser la barre en obtenant l’autorisation de vendre des hypothèques, et aux remboursements d’indemnités perçues indûment par CarPostal.

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Le résultat de CarPostal a reculé de 47 millions par rapport à 2017. «Le remboursement des indemnités perçues indûment dans le passé pèse sur le résultat des trois premiers trimestres de l’année», confiait mercredi Ulrich Hurni. Fixés à 205 millions par une convention conclue en septembre entre La Poste, l’Office fédéral des transports (OFT) et les cantons, ces remboursements ont en effet débuté. Ils pèsent sur les chiffres du groupe.

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