Vêtu de vestons et de cravates de couleurs pétantes, Pierre Bonhôte s'est beaucoup montré durant quatre ans, s'affichant en leader de la majorité de gauche de l'exécutif de Neuchâtel. Succédant au charismatique Blaise Duport en 2000, le socialiste, directeur de l'Urbanisme, s'est également beaucoup exposé. Son ton hautain a heurté, et il a accumulé les casseroles, ses projets de réaménagement des Jeunes Rives ou de maintien du Palais de l'Equilibre ayant échoué.

Ancien président du Parti socialiste cantonal, promis à une belle carrière politique, Pierre Bonhôte a mordu la poussière dimanche. Un formidable autogoal pour le PSN, qui avait obtenu l'élection de l'exécutif par le peuple: il espérait par ce biais se débarrasser «proprement» de la sortante Françoise Jeanneret.

Le verdict populaire est tout autre: si le PSN conserve ses deux fauteuils à l'exécutif, si la conseillère nationale Valérie Garbari fait le tabac escompté et prend le leadership de la ville, Françoise Jeanneret, qui est directrice des Finances depuis 1997, crée la surprise en devançant Pierre Bonhôte de 136 suffrages.

En obtenant 57,5%, la gauche plurielle reste majoritaire à Neuchâtel, avec pour troisième élu au Conseil communal l'avocat de SolidaritéS Daniel Perdrizat, qui remplace Eric Augsburger qui s'en va après deux mandats. Les sortants bourgeois, le radical Didier Burkhalter et le libéral Antoine Grandjean, conservent leurs places à l'exécutif. Libéraux et radicaux doivent par contre concéder des sièges au législatif. En n'obtenant que 11,3% (contre 17,8% aux fédérales), l'UDC fait chou blanc au conseil communal, mais avec une douzaine de pour-cent, elle devrait placer 5 des siens au législatif, où la gauche devrait conserver 24 des 41 sièges.