Journaliste, homme de presse et homme de lettres réputé des deux côtés de la Sarine, Roger de Weck n’est pas affilié à un parti politique. Ce père de famille domicilié à Zurich a notamment été rédacteur en chef de l’hebdomadaire allemand «Die Zeit» et du quotidien alémanique «Tages-Anzeiger». Il préside l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève.

«Dans notre pays quadrilingue, la SSR a pour mission d’Etat de contribuer à la solidarité de la Confédération ainsi qu’à la formation de l’opinion politique et sociale», a-t-il déclaré devant la presse. «C’est un service public, et aussi un service au public.»

Une de ses missions prioritaires sera de redresser les finances de la SSR, dans le rouge depuis quelques années. Pour l’exercice en cours, le déficit est évalué à 75 millions.

«Le déficit doit disparaître» « Avec des chiffres rouges, il n’y a pas d’avenir rose. Le déficit doit disparaître», a annoncé Roger de Weck. Mais comme le directeur général entrera en fonction le 1er janvier 2011, il s’est gardé mardi de proposer des solutions concrètes.

«D’abord travailler et ensuite parler, telle est ma devise pour les mois à venir», a-t-il dit avec un sourire. «La période s’annonce difficile et il y aura un nombre d’embûches à éviter. J’entends mener la tâche qui me sera impartie avec respect, détermination et précaution».

Réforme structurelle Roger de Weck devra aussi mettre ses forces dans un travail de lobbying. Il lui faudra convaincre le Conseil fédéral d’accorder des moyens supplémentaires à la SSR, sans quoi des chaînes risquent de passer à la trappe. La redevance radio-tv n’a plus été augmentée depuis 2000. Autre piste étudiée: une éventuelle augmentation du temps consacré à la publicité.

Le directeur général devra aussi accompagner une importante réforme structurelle, en particulier la création d’une nouvelle entité qui réunira dès janvier la télévision et la radio alémanique. Cette réorganisation déjà effective en Suisse romande, au Tessin et dans la région romanche, verra la suppression d’une centaine d’emplois d’ici 2014, surtout via des départs naturels.

Prime au mérite A la tête de la SSR, Roger de Weck touchera un salaire équivalent à celui de son prédécesseur, soit près de 550 000 francs, prime au mérite et biens matériels inclus. Pas moins de 157 personnes ont postulé à ce poste

Plus de 6100 personnes travaillent pour la SRG SSR idée suisse, pour un équivalent de 4800 emplois à plein-temps. L’entreprise propose huit chaînes de télévision et 18 de radio. Son chiffre d’affaires représente 1,6 milliard de francs.

Réactions positives «Roger de Weck est un latin d’une intelligence et d’une culture supérieures», s’est exclamé le conseiller national PDC Dominique de Buman, président de Helvetia Latina. L’expert en science des médias Roger Blum note que Roger de Weck arrive aussi à point nommé alors que le service public est attaqué sur plusieurs fronts.

Vice-président du PLR, Markus Hutter relève toutefois que le nouvel élu manque d’expérience d’entreprise». L’UDC s’irrite: «Avec Roger de Weck, homme de gauche, proeuropéen, tout demeure comme avant», a estimé le conseiller national Ulrich Giezendanner.

Quant au conseiller fédéral Moritz Leuenberger, il souligne que M. de Weck devra faire face à de fortes pressions politiques et économiques. Selon le ministre socialiste de la communication, la forte concurrence venant des chaînes étrangères sera un autre défi.