Un joli cadeau pour la culture alternative... Approchée par le conseiller d'Etat Mark Muller, la Fondation Hans-Wilsdorf, propriétaire de Rolex, a décidé d'offrir 6 millions de francs à la «Fondation pour la promotion de la culture émergente» (FPCE), encore en gestation. Mais les bénéficiaires de cette manne financière seront d'abord les artistes et artisans du site Artamis, haut lieu de la culture alternative à Genève, invités a quitter le site pour laisser place à des logements.

Solution de relogement

Hier, le conseiller d'Etat Mark Muller et la conseillère administrative Sandrine Salerno ont dévoilé leur solution de relogement pour les occupants d'Artamis. La Ville propose un local artisanal à la rue du Vélodrome, dans le quartier de la Jonction, mis à la disposition des artistes. Quant à la solution de relogement trouvée par l'Etat? Un immeuble situé au 28- 30 de l'avenue Ernest-Pictet, à Châtelaine, dont le canton est propriétaire. Entre la rue du Vélodrome et l'avenue Ernest-Pictet, ce sont plus 6000 m2 qui seront dévolus à des activités de création. Ces locaux seront donc loués aux 160 artisans et artistes d'Artamis, mais également proposés à d'autres acteurs culturels.

Et les 6 millions de la Fondation Hans-Wilsdorf? Une partie de cette somme servira à combler la différence entre le loyer fixé au prix du marché que percevra l'Etat et les loyers dont s'acquitteront les anciens d'Artamis, qui payeront 50 francs le mètre carré. Le reliquat du don Rolex devrait servir à la promotion d'activités culturelles.

300 logements à Artamis

Cette solution de relogement réjouit Séverin Guelpa, représentant d'Artamis. «Après un gros travail de négociation entre Artamis, l'Etat et la Ville, nous avons finalement trouvé une solution satisfaisante pour tous.» Pour les artistes, qui disposent de locaux, et pour l'Etat et la Ville, qui percevront des loyers. Un bémol cependant, du côté d'Artamis. Séverin Guelpa regrette l'interdiction d'organiser des concerts ou spectacles dans les deux nouveaux espaces. «Nous respecterons bien évidemment cette clause, mais nous aimerions trouver des solutions avec la Ville et l'Etat pour que des groupes et des troupes puissent s'exprimer dans un cadre qui ne soit pas institutionnel.»

Le site Artamis, bientôt orphelin de ses occupants, qui ont jusqu'au 15 octobre pour déménager, accueillera, après une opération d'assainissement du sous-sol, pollué par d'anciennes activités industrielles, près de 300 logements.