Le mot qui revient toujours, c’est «blottie». Romainmôtier est une ville – ses quelque 550 habitants tiennent à ce terme – qui demeure blottie au creux des premiers contreforts du Jura, enveloppée de la rivière du Nozon qui coule depuis Vaulion. Mais ne vous arrêtez pas uniquement au pittoresque, à la beauté sainte du lieu né au Ve siècle, au nid médiéval posé dans la lumière fragile sur un fond de forêt mystérieuse. Dans «blottie» se tient aussi la résistance de Romainmôtier. Quelque chose qui en a toujours fait un endroit presque discret bien qu’admiré loin à la ronde, fort de son indépendance, où l’on ne se comporte pas comme ailleurs. Ainsi, dans ce Jura Nord vaudois devenu avec le temps un bastion d’une UDC encore marquée par ses origines agricoles, ceux de Romainmôtier apparaissent comme des exceptions bizarres sur la carte électorale régionale. Comme si la beauté, l’artisanat, le lien au Ciel, clés de voûte du récit de l’histoire locale, pouvaient aussi mener à des conséquences politiques.