Agé de 76 ans, M. Polanski attendra dans l’Oberland bernois la fin de la procédure d’extradition. L’OFJ rendra prochainement sa réponse aux autorités américaines.

Peu avant 13h00, deux limousines aux vitres teintées et avec des plaques bernoises sont arrivées sous un grand soleil, a constaté une correspondante de l’ATS sur place. Elles ont gravi le petit chemin glacé menant à l’habitation avant de s’engouffrer dans le garage souterrain.

Les très nombreux journalistes présents n’ont pu s’assurer avec certitude que Roman Polanski se trouvait à bord de l’une de ces voitures. L’OFJ a annoncé quelques instants plus tard que le cinéaste était arrivé dans son chalet.

De la lumière avait déjà été aperçue la veille dans la maison. Quelques instants après l’arrivée du convoi, un garde privé posté devant la résidence a indiqué aux journalistes présents que M. Polanski ne ferait aucune déclaration.

Roman Polanski s’est engagé à ne franchir à aucun moment les limites de sa propriété, précise l’OFJ. La libération du prévenu a été précédée par la mise en oeuvre des mesures de substitution ordonnées par le Tribunal pénal fédéral: le cinéaste a versé une caution de 4,5 millions de francs et déposé ses documents d’identité auprès de la police cantonale zurichoise.

A son arrivée à Gstaad, M. Polanski a été muni d’un bracelet électronique. Son domicile avait auparavant été équipé d’un dispositif de surveillance.

Une alarme se déclenchera en cas de tentative de fuite ou de retrait du bracelet électronique. S’il advenait que Roman Polanski ne respecte pas ses engagement, la caution reviendrait à la Confédération, indique encore le communiqué de l’OFJ.

Aux Etats-Unis, Roman Polanski est accusé d’avoir entretenu en 1977 une relation sexuelle avec une jeune fille de 13 ans. En cas d’extradition, il risque un maximum de deux ans de prison.

La défense de M. Polanski a déjà prévenu que le cinéaste se battrait jusqu’au bout contre son extradition, qu’il pourra le cas échéant contester devant les tribunaux.

Le réalisateur du «Pianiste» a été arrêté le 26 septembre à Zurich à sa descente d’avion, sur mandat des Etats-Unis. Il se rendait au Festival du film de Zurich pour recevoir un prix récompensant l’ensemble de son oeuvre. Il est resté 70 jours en prison, principalement à Winterthour (ZH).

Après plusieurs recours, le Tribunal pénal fédéral a décidé la semaine dernière que Roman Polanski serait libéré de sa détention à fins d’extradition et placé en arrêts domiciliaires.