Comme l’avait annoncé hier son avocat français, Me Hervé Temime, Roman Polanski a déposé une plainte contre le mandat d’arrêt aux fins d’extradition délivré par l’Office fédéral de la justice. La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral confirme l’avoir reçue. Une décision tombera dans les prochaines semaines.

La liberté sous caution «n’est pas exclue», mais elle est «très très rarement» accordée, a indiqué à l’ATS Guido Balmer, porte-parole du Département fédéral de justice et police (DFJP). Elle pourrait être liée à une assignation à résidence dans le chalet de Roman Polanski à Gstaad, a-t-il ajouté. La demande peut être adressée en tout temps au TPF.

De son côté, le bureau du procureur de Los Angeles a confirmé qu’il allait demander l’extradition de Roman Polanski. Les autorités judiciaires américaines disposent d’un délai de 60 jours pour le faire.

Un tuyau policier

Autre nouvelle de ce mardi, c’est la police suisse qui aurait fait connaître à la justice américaine la présence attendue de Roman Polanski à Zurich, selon la NZZ. Le cinéaste faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, son nom figure donc, sur les listes des personnes recherchées et cette communication doit donc être considérée comme un échange de bons services, habituel entre polices.

Pétition

La communauté artistique de son côté a mis en place une pétition pour soutenir Roman Polanski et demander sa libération. Parmi les signataires Woody Allen, Pedro Almodovar, Costa Gavras ou encore Monica Bellucci.

«Manque de finesse»

« La marge de manoeuvre était inexistante, a déclaré mardi la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey devant le «Club de la presse diplomatique» ce mardi à Berne. «Il existe un traité d’extradition avec les Etats-unis, et la Suisse respecte les traités».

Le fait d’utiliser une invitation à un événement en Suisse pour procéder à l’arrestation est par contre un «manque de finesse», estime Mme Calmy-Rey. Le Département fédéral des affaires étrangères n’avait pas été informé préalablement, a ajouté la conseillère fédérale. Ce dossier est du ressort du Département fédéral de justice et police.