Le Tribunal pénal fédéral a accepté le recours formulé par le cinéaste Roman Polanski contre le refus de l’Office fédéral de la justice de le remettre en liberté provisoire en attendant l’issue de la procédure d’extradition ouverte à son encontre sur demande des Etats-Unis. Les juges ont estimé que les garanties proposées par le cinéaste étaient suffisantes . Roman Polanski offrait de verser une caution de 4,5 millions –une somme, estime le TPF, qui entame considérablement sa fortune, de déposer ses papiers de voyage et d’être assigné à domicile sous surveillance électronique. Ce n’est que lorsque ces mesures auront pu être effectivement prises que le cinéaste pourra recouvrer la liberté.

La décision du TPF est en outre susceptible de recours. L’Office fédéral de la justice ne s’est pas encore déterminé sur cette possibilité, ce qu’il devrait faire dans un proche avenir. S’il renonce, ce sera à lui de procéder à la mise en liberté après s’être assuré que les conditions fixées par le TPF sont adéquatement remplies.

Roman Polanski, 76 ans, a été arrêté le 26 septembre dernier à son arrivée à l’aéroport de Kloten alors qu’il venait recevoir un prix. L’auteur de «Rosemary’s baby» fait l’objet d’une demande d’extradition déposée par les Etats-Unis.

Le cinéaste avait fui ce pays en 1978 après que la justice californienne l’avait jugé coupable d’abus sexuels commis en 1977 sur une adolescente de 13 ans qui depuis a plusieurs fois fait part de son souhait de voir les charges abandonnées. M. Polanski, qui avait plaidé coupable, risque deux ans de prison au maximum.