«J'attends de Fulvio Pelli, répond d'emblée le Vaudois Charles Favre, une clarification de notre ligne politique.» Le Tessinois a été, samedi, plus précis qu'auparavant, en insistant sur l'appartenance du PRD au centre droit et en militant pour l'instauration d'une collaboration plus intense entre les forces du centre droit, y compris avec l'UDC modérée. «C'est le début d'une clarification politique, se félicite Charles Favre, il a dit que le centre n'existe pas et cela me fait plaisir.» Fulvio Pelli s'est engagé à renforcer la discussion à l'intérieur du parti et a suscité une forte attente de la base. «J'attends, poursuit le Vaudois, qu'il sache réaliser un équilibre entre la liberté économique et la responsabilité sociale, qu'il le mette en musique dans un message crédible. Jusqu'à maintenant, ou nous le disions mal ou on ne nous entendait pas.»

Rôle de rassembleur

Un autre Vaudois, Serge Beck, libéral membre du groupe radical, attend de Fulvio Pelli, qui est heureusement «un humaniste engagé dans l'économie», qu'il «contribue au repositionnement du parti, qu'il le fasse sortir d'une vision trop économique et trop axée sur le court terme en défendant une politique libérale au sens large du terme». Certains radicaux alémaniques, déplore Serge Beck, manquent de vision globale et ont «une vision politique d'épiciers sans projet de société».

«J'attends de Fulvio Pelli qu'il ait une vision claire pour un parti qui ait son identité propre. Avec lui, on a l'impression que l'on pourra mettre en avant nos projets radicaux-libéraux, sans pratiquer le copier-coller avec le programme d'autres partis», commente Jean-René Germanier. Le Valaisan espère que Fulvio Pelli saura jouer un rôle de rassembleur. S'il a su le faire au Tessin en tenant la Lega en respect, il devrait pouvoir «mettre sa classe de vainqueur au service des radicaux suisses».

Le Parti radical ne met pas tous ses espoirs dans un seul homme, relève le Neuchâtelois Didier Burkhalter, mais il en place beaucoup sur Fulvio Pelli, qui devra «clarifier et affirmer les valeurs radicales» et qui a montré au cours de ces derniers jours ce que l'on pouvait attendre de lui. Le PRD a besoin, assure Didier Burkhalter, de quelqu'un qui sache synthétiser les valeurs fondamentales et indiquer la direction. C'est l'ensemble du parti, poursuit-il, qui doit assumer ce positionnement, sans se reposer sur son seul président.