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Le conseiller fédéral Guy Parmelin, le 9 mai 2016.
© PETER SCHNEIDER

Politique

Les Romands font bloc pour défendre Guy Parmelin

La virulence des propos à l’encontre du ministre de la défense est grande Outre-Sarine, tandis que les Romands s’unissent dans un esprit de solidarité derrière leur conseiller fédéral

Le scandale Parmelin ou le «Parmelingate» continue de faire les gros titres en Suisse alémanique alors que les Romands minimisent la déferlante provoquée par le soutien du ministre de la défense à un allégement fiscal en faveur des paysans.

Lundi, au sortir de la Commission de gestion du Parlement, Guy Parmelin a admis avoir commis une faute politique en se prononçant en faveur du projet de loi supprimant l’impôt sur la plus-value des terrains agricoles constructibles. «Assumer une erreur, la preuve d’une grande intelligence», lui accorde le PDC valaisan Yannick Buttet. Les députations romandes au Parlement connaissent l’UDC vaudois: ils savent l’exigence avec laquelle il traite ses dossiers et approuvent son honnêteté. Le fait même qu’il soit épinglé dans cette «polémique absurde» prouve qu’il a jusqu’alors fait un «sans-faute», avancent certains.

Lire aussi: L’affaire Parmelin trahit les tensions du Conseil fédéral

Qu’est-ce qui pousse de nombreux parlementaires romands, de tous bords, à défendre leur ancien collègue aujourd’hui installé à la table des sept sages? Moins l’esprit de solidarité linguistique qu’un respect pour sa personne.

Larges soutiens romands

Le vice-président du PLR Philipe Nantermod refuse de parler d’une «affaire Parmelin». «J’imagine mal qu’un conseiller fédéral doive se récuser lorsqu’on adopte une loi généraliste et abstraite. Je pense par exemple que Johann Schneider-Ammann a participé à la discussion sur la réforme de la fiscalité des entreprises!»

«J’espère bien qu’il a défendu les intérêts des paysans face au Conseil fédéral», relève à son tour le PDC valaisan Christophe Darbellay. «Ce problème de fiscalité agricole peut avoir des conséquences dramatiques pour les agriculteurs. Il n’avait, selon moi, aucune raison de se récuser. Le Blick faisait déjà campagne contre le changement de loi relatif à la fiscalité agricole et là ils ont trouvé quelqu’un pour l’incarner. C’est dégueulasse!»

Ce soutien contient néanmoins des nuances chez les socialistes. Cesla Amarelle, rappelle dans un tweet que «ce n’est pas l’intérêt d’une région mais d’une caste (-4% de la population vaudoise) que soutient G. Parmelin». Jean-François Steiert, lui, est d’avis que le ministre aurait dû s’abstenir de traiter du sujet. «Ce n’est pas une question juridique mais bien de sensibilité politique. Lorsqu’il y a le moindre soupçon d’intérêt personnel, il vaut mieux éviter de se prononcer». Le Fribourgeois qui suit l’actualité des deux côtés de la Sarine remarque qu'«il y a dans les médias une tendance à taper plus fortement de l’autre côté du Röstigraben que du sien».

«Il y a une certaine condescendance de la part des Alémaniques à l’égard des Romands qui réussissent», dénonce Yannick Buttet, qui parle aussi de «jalousie». Le conseiller national PDC valaisan compare la situation des Romands à celle des femmes. «Nous devons nous battre plus que les autres pour prouver nos qualités». Il salue le travail fourni par Guy Parmelin au Conseil fédéral et rappelle que l’homme n’est aussi pas soutenu par son parti que le sont d’autres conseillers fédéraux.

En décembre dernier, Guy Parmelin était désigné au Conseil fédéral contre la volonté de la ligne dure de l’UDC qui lui préférait le Zougois Thomas Aeschi. «Les UDC suisses-allemands sont sûrement ceux qui sont le plus durs envers lui». Son propre parti chercherait-il à lui savonner la planche? «Du côté des Suisses-Allemands, son élection n’a pas fait que des heureux», confirme Christophe Darbellay. «Ceux qui se voyaient calife à la place du calife, au sein de l’UDC, l’ont mauvaise!»

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