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Ignazio Cassis salue Guy Parmelin sous le regard d'Alain Berset. Jusqu'à quand y aura-t-il trois Latins au Conseil fédéral?
© KARL-HEINZ HUG / Keystone

politique

Les Romands s’inquiètent désormais de l’après-Parmelin

Le Conseil fédéral est désormais composé de quatre Alémaniques, un italophone et deux Romands. Fort de ses succès électoraux, le PLR romand regarde déjà vers l’avenir. Pour constater que l’élection de Guy Parmelin était un accident

Comme avant 2015, la Suisse romande a désormais deux conseillers fédéraux. Mais leur profil est assez différent du schéma traditionnel, qui voyait un radical côtoyer un(e) socialiste ou un démocrate-chrétien, voire les deux en même temps comme entre 1999 et 2006. Pour la première fois, aucun membre romand du gouvernement ne représente le centre droit: il s’agit d’un socialiste et d’un UDC. Cette situation ne manque pas de froisser les libéraux-radicaux vaudois: Guy Parmelin et le socialiste valdo-neuchâtelois Pierre Graber exceptés, tous les conseillers fédéraux délégués par le canton de Vaud venaient de chez eux.

Lire aussi notre éditorial: Conseil fédéral: le système a privilégié la retenue

Après la désignation d’Ignazio Cassis, certains libéraux-radicaux francophones éprouvaient un sentiment ambigu. Ils ont largement contribué au succès du PLR aux élections fédérales de 2015, lorsque la part électorale du parti est remontée de 15,1% à 16,4%. A l’exception du Jura (15,4%), le PLR pèse d’un poids plus lourd dans les parlements latins qu’en Suisse alémanique. Son succès électoral se situe entre 20,2% (Valais) et 33,1% et 33,4% dans les cantons de Vaud et Neuchâtel. Mais ils n’ont plus de représentant au gouvernement fédéral.

«A chacun de préparer sa relève»

Leur frustration porte un nom: Guy Parmelin. L’élection du vigneron vaudois était un accident. Elle était le résultat d’un tir de barrage, appuyé par les députés romands, contre la stratégie de Christoph Blocher, qui espérait imposer son poulain Thomas Aeschi. Cela a empêché la désignation d’un Romand pour succéder à Didier Burkhalter. Or, Guy Parmelin n’est pas éternel. Certes, il effectuera au moins deux législatures au Conseil fédéral et son départ n’est pas envisagé avant 2023. Mais la relève se dessine plutôt mal de ce côté-ci de la Sarine. La crainte existe dès lors que, le moment venu, son siège repasse en mains alémaniques.

«Nous devons nous préparer. Je suggère que nous menions des discussions avec le PLR afin de sauvegarder les deux sièges romands», propose l’UDC vaudois Jean-Pierre Grin. «Nous n’avons pas à nous entendre avec l’UDC. Il appartient à chaque parti de préparer sa propre relève. Ce n’est pas très grave s’il n’y a pas de PLR romand pendant quelques années. Le moment venu, nous n’aurons aucun problème. Avec Pierre Maudet, Philippe Nantermod et d’autres encore, nous aurons l’embarras du choix», réplique le vice-président du PLR, Christian Lüscher.

Retrouvez notre dossier complet sur la succession au Conseil fédéral de Didier Burkhalter

Psychodrame évité

Il tourne aussi son regard vers l’UDC: «Il est clair que ce parti a une responsabilité vis-à-vis de la Suisse romande. Guy Parmelin l’a compris, mais c’est sans doute plus difficile pour lui de le faire comprendre à son parti que de faire acheter des avions», ironise-t-il. Président d’Helvetia Latina, Jacques-André Maire (PS/NE) enchaîne: «Je suis très satisfait de l’élection d’Ignazio Cassis, car nous avons maintenant trois sièges latins stables pour l’avenir», commente-t-il. Stables, vraiment?

«Il est vrai que l’UDC doit réaliser qu’elle fait partie des grands partis nationaux et doit être représentée par un Latin et un Alémanique», reprend-il. Il a conscience que ce sera difficile: «On a très clairement senti chez certains collègues alémaniques un agacement, le sentiment que trois Romands devaient rester l’exception», analyse-t-il. «Nous devrons nous battre pour conserver trois sièges latins», acquiesce le président du PLR Vaud, Frédéric Borloz.

«Tout cela nous a donné une bonne visibilité»

La succession de Didier Burkhalter aura cependant été un succès pour le PLR. Parce qu’il n’a écarté aucun de ses trois candidats en cours de route, il s’est évité un psychodrame interne. Même ceux qui défendaient une double candidature l’admettent, car, dans ce cas, c’est vraisemblablement Isabelle Moret, la seule femme en lice, qui en aurait fait les frais.

Le PLR s’est ainsi épargné une crise et peut se préparer plus sereinement aux prochaines échéances. Il peut s’appuyer sur une communication modernisée pour l’occasion: newsroom hébergée sur un site internet renouvelé, forte présence sur les réseaux sociaux, utilisation maximale des technologies numériques grâce aux Jeunes PLR. «Tout cela nous a donné une bonne visibilité», résume la porte-parole, Karine Barras.


Nos articles le jour de l’élection, 20 septembre 2017

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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