néonazisme

Des Romands soutiennent des combattants en Ukraine

La section suisse d’un groupe d’extrême droite envoie des vivres à «ses» soldats en Ukraine

Des Romands soutiennent des combattants en Ukraine

Néonazisme La section suisse d’un groupe d’extrême droite envoie des vivres à «ses» soldats en Ukraine

Des néonazis de Genève, du ­Valais, de Vaud et de Saint-Gall soutiennent des combattants d’extrême droite dans l’est de l’Ukraine, selon la SonntagsZeitung. «Aujourd’hui, MD Suisse envoie sa première collecte d’aide pour les soldats sur le front», pouvait-on lire sur la page Facebook de Misanthropic Division Schweiz le 24 janvier dernier. En photo, des produits alimentaires M-Budget ou Carrefour, ainsi que des vêtements militaires.

Depuis cette date, la page n’est plus en ligne. La section suisse de ce groupe international vendait aussi des t-shirts arborant le logo du mouvement et affirmait que «100% des bénéfices serviront à acheter du matériel militaire et médical que nous enverrons régulièrement sur le front de Marioupol! Pour les soldats MD dans le régiment Azov!», une unité paramilitaire baptisée «les hommes en noir» et constituée de volontaires issus de l’extrême droite ukrainienne. Selon le journal dominical, ce sont quelque 800 francs qui auraient ainsi été collectés par la section suisse de Misanthropic Division.

Mouvement international

La version francophone du site internet du groupe livre une interview anonyme de ses fondateurs. «La Misanthropic Division est un groupe paramilitaire racialiste et national-socialiste qui a fait son apparition pendant la révolution du Maïdan. Ils ont affronté la police antiémeute à Kiev, ils ont éliminé des agents du Kremlin dans les villes ukrainiennes et ils ont rejoint les zones de guerre contre les séparatistes dans le Donbass», décrivent-ils. Misanthropic Division en Ukraine est connue comme l’unité la plus brutale dans la lutte contre les séparatistes russes, selon la SonntagsZeitung. «Dans notre mouvement, il y a des Russes, des Ukrainiens, des Biélorusses et des représentants d’autres nations européennes […] Actuellement, nous avons plus d’une douzaine de groupes, y compris en Europe occidentale et Amérique du Nord, parmi eux: les Etats-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, la Suisse, la France et ­l’Italie.

Ces différents groupes servent à relayer nos activités», décrivent encore les fondateurs du mouvement. Sur Internet, on trouve aussi des pages Facebook ou des sites web pour des sections en Serbie, en Croatie, en Grande-Bretagne ou encore au Venezuela.

Ils publient encore des hommages à deux des leurs décédés, dont un combattant suédois baptisé Léo le Viking. «Nous avons la chance en Ukraine de pouvoir vivre le grand rêve européen, celui de se battre vraiment dans une force paramilitaire politique. Celui d’être sorti de ce monde moderne répugnant (travailler, consommer, payer ces impôts, être obligé de côtoyer des gens inintéressants, etc.) pour pouvoir vivre avec l’adrénaline du combat», écrivent les fondateurs du mouvement.

Soldats étrangers en Ukraine

La SonntagsZeitung affirme que, selon plusieurs sources, des combattants suisses auraient rejoint le mouvement en Ukraine. Selon une source proche des milieux suisses de la sécurité contactée par Le Temps, depuis l’automne dernier, des informations circulent au sujet de combattants suisses et européens partis combattre en Ukraine.

«Très peu d’observateurs sont capables de décrire les liens existant entre les différents groupuscules d’extrême droite en Suisse et leur rôle sur la scène internationale», estime Daniel Schweizer, réalisateur de plusieurs documentaires sur ces mouvances en Suisse.

«Le mouvement le plus structuré en Suisse romande est celui d’Artam Brotherhood, avec des liens forts en Italie et en France. Je pense qu’en Romandie il y a entre 200 et 300 sympathisants et membres actifs de ces idéologies basées sur des théories de combat et de conflits raciaux à venir. Ils ont dépassé la question des nationalismes pour des projets internationaux et leurs cellules ressemblent beaucoup à celles des combattants islamistes», estime-t-il. «Depuis une dizaine d’années, leur force c’est d’être très difficilement identifiables. »

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