Le ministre italien des affaires étrangères Franco Frattini a demandé mercredi à la Libye d’autoriser les deux Suisses retenus à Tripoli à quitter le pays. Cette requête a été formulée par M.Frattini à l’issue d’une rencontre à Rome avec son homologue libyen Moussa Koussa et maltais Tonio Borg. L’Italie et Malte ont tous deux de gros intérêts dans l’Etat nord-africain et aspirent à une résolution rapide du différend.

La rencontre a permis «d’échanger des idées» sur les moyens pour résoudre la crise, a indiqué le ministre italien au cours d’une conférence de presse. De l’avis de Malte et de l’Italie, Berne et Tripoli devraient le plus rapidement possible s’entendre sur un accord contraignant.

«Pour atteindre ce but, la Suisse devrait retirer sa liste contenant 180 noms de Libyens indésirables dans l’espace de Schengen. De son côté, la Libye devrait faire un geste en délivrant une autorisation de sortie pour les deux Suisses et en redonnant des visas aux ressortissants de l’espace Schengen», a ajouté le ministre italien.

Un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué que la cheffe du département Micheline Calmy-Rey menait actuellement plusieurs discussions avec des représentants de l’UE de haut rang. «Dans ce cadre, elle est en contact direct avec le ministre italien des affaires étrangères». Micheline Calmy-Rey s’est également entretenue au téléphone avec son homologue italien. Les deux ministres ont eu «un échange de points de vue utile».

Mais Berne a fait savoir mercredi qu’elle poursuivait sa politique restrictive en matière d’octroi de visas avec la Libye. Il n’y a pas de changement, a indiqué son porte-parole André Simonazzi devant la presse. Le gouvernement s’est entretenu de cette problématique lors de sa séance hebdomadaire. La Suisse a une politique restrictive, elle la poursuit, il n’y a pas de changement.

Berne a durci sa politique en matière de visas à l’égard de la Libye à l’automne dernier après l’enlèvement par les autorités libyennes pendant 52 jours des deux ressortissants suisses détenus à Tripoli. En représailles, la Libye a suspendu lundi la délivrance de visas pour les ressortissants de l’espace Schengen. M. Frattini accuse la Suisse d’avoir pris les 25 pays membres de l’espace Schengen en otages. Parmi les personnalités visées par les sanctions suisses figurent Mouammar Kadhafi, guide de la révolution libyenne, et plusieurs membres de sa famille.

Le ministère italien a également précisé que la Libye n’avait pas bloqué l’entrée des Italiens sur son territoire entre mardi et mercredi. «C’est un bon signal», a ajouté le porte-parole.

Côté suisse, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a quant à lui précisé dans une position écrite que Berne a informé l’Union européenne et les Etats associés à l’espace Schengen de sa politique restrictive à l’égard de la Libye. Les contacts avec Bruxelles sont réguliers, a-t-il expliqué. «La Suisse s’est toujours efforcée» de trouver «une solution diplomatique» dans le différend avec Tripoli, selon le DFAE. «Et l’UE le sait», a-t-il ajouté.