En visite officielle en Suisse, le président roumain n'a pas eu à affronter sur son passage le regard de mendiants roms. Traian Basescu a été reçu mardi par Micheline Calmy-Rey, Christoph Blocher et Doris Leuthard, dans la résidence du Lohn, à quelques kilomètres de Berne, «pour des entretiens portant sur les relations bilatérales, la coopération européenne et d'autres sujets internationaux comme la situation au Kosovo». Mais le problème de la minorité rom, qui a provoqué un vif débat sur la mendicité à Genève, a aussi été évoqué.

Il a été abordé par le ministre de Justice et police, Christoph Blocher. Et une décision a été prise: l'accord de réadmission entre la Roumanie et la Suisse doit être amélioré, ont convenu mardi les deux délégations. Une réunion d'experts sera organisée à cet effet. A travers cet accord jugé déficient, la Roumanie est censée s'engager à reprendre les requérants d'asile roumains déboutés ou en situation illégale en Suisse. Parmi eux figurent précisément des Roms.

Un référendum?

L'Office fédéral des migrations (ODM) a déjà pris une première mesure en mai pour éviter l'effet «appel d'air»: il a décidé de supprimer l'aide au retour de 700 francs pour les requérants déboutés de l'UE, précisément en raison des «abus commis par les Tziganes de Roumanie». La politique restrictive adoptée récemment par l'Italie envers les Roms laisse aussi craindre un nouvel afflux de ces ressortissants roumains en Suisse. Autre sujet évoqué, les modalités de l'extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie (la Bulgarie est aussi concernée, ndlr) sur lesquelles Berne et Bruxelles devraient bientôt s'entendre. Des désaccords subsistent encore sur la durée de la clause de sauvegarde qui permet la réintroduction de quotas en cas de forte immigration.

«Que se passera-t-il si un référendum est lancé et que le peuple suisse doive se prononcer sur l'extension à la Roumanie?» a demandé une journaliste roumaine. Micheline Calmy-Rey s'est voulue rassurante. La présidente de la Confédération a rappelé que le peuple a voté en faveur de l'extension aux dix nouveaux membres de l'UE en septembre 2006. «Rien ne permet d'ailleurs de dire aujourd'hui si un référendum va être lancé ou pas», a-t-elle ajouté, avant d'expliquer aux Roumains présents le système suisse des référendums. Traian Basescu, très en forme, s'est d'ailleurs amusé de cette particularité suisse «où le peuple peut se prononcer sur beaucoup de sujets». Lors du point presse qui a suivi les entretiens, Micheline Calmy-Rey a encore rappelé que la Roumanie reste le principal partenaire commercial de la Suisse en Europe du Sud-Est. En 2006, les exportations suisses vers la Roumanie ont augmenté de 38% pour atteindre 820 millions de francs. Traian Basescu a de son côté notamment remercié la Suisse pour son soutien financier accordé à la Roumanie en vue de son adhésion à l'UE.