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© Mario Tama

Médias

RSF s’inquiète de la haine croissante envers le journalisme

Reporters sans frontières publie son classement mondial de la liberté de la presse pour 2018. La Suisse améliore son score, mais la situation s’aggrave en Europe

C’est pour participer aux 20 ans du Temps que la section suisse de RSF a décidé cette année de rendre public son classement de la liberté de la presse dans les locaux de notre journal. Sans surprise, la Norvège et la Suède arrivent en tête, suivies des Pays-Bas et de la Finlande. La Suisse arrive en 5e position, en hausse mécanique de deux places due au recul du Danemark, où la journaliste suédoise indépendante Kim Wall a été assassinée l’année dernière lors d’un reportage dans un sous-marin. La Suisse a pourtant connu la fin de L’Hebdo, la restructuration du Temps, la crise très grave à l’ATS et la réduction continue des effectifs journalistiques, parallèlement à la concentration accrue des titres et la création de titres «manteaux»: pour autant, «nous avons de la chance d’être encore un pays de grands éditeurs», tempère Gérard Tschopp, le président de RSF Suisse. Les tensions économiques sont là, mais la liberté aussi.

Lire aussi: Donald Trump couronne les «fake news»

Dégradation de la situation en Europe

Sans surprise, la Corée du Nord, la Chine, la Syrie ou Cuba trustent les dernières places du classement – jamais le tableau n’a été aussi sombre dans le monde, avec un nombre record de 22 pays où la situation est jugée «très grave». Plus surprenant et inquiétant, c’est en Europe que la situation s’est le plus dégradée, comme en Pologne ou en Hongrie. Sur les cinq plus fortes baisses constatées pour 2018, quatre concernent des pays européens: Malte, où Daphne Caruana Galizia a été tuée alors qu’elle enquêtait sur des affaires de corruption; la République tchèque, où le président Zeman s’est exhibé avec une kalachnikov décorée de l’inscription «Pour les journalistes»; la Serbie, où des journalistes sont accusés de manipulations et des médias poussés à la faillite; enfin la Slovaquie, où le journaliste d’investigation Jan Kuciak a été assassiné avec sa compagne, et où Robert Fico, premier ministre jusqu’en mars, traitait les journalistes de «sales prostituées anti-slovaques».

Cette hostilité croissante de responsables politiques envers les médias préoccupe beaucoup RSF. Car la violence verbale n’est plus l’apanage des seuls pays autoritaires, comme la Turquie ou l’Egypte. Même des dirigeants élus démocratiquement affichent ouvertement leur haine de la presse. Le décomplexé Donald Trump évoque les «ennemis du peuple» pour parler des journalistes et refuse les interviews des grands médias – les Etats-Unis perdent d’ailleurs deux places depuis 2017, passant de la 43e à la 45e place, derrière la Roumanie; le Philippin Rodrigo Duterte prévient qu’«être journaliste ne protège pas des assassinats»; les journalistes indiens sont pourchassés sur les réseaux sociaux par «des armées de trolls à la solde du premier ministre Narendra Modi», selon RSF: les exemples sont nombreux d’une dégradation du statut et de la sécurité des représentants du «quatrième pouvoir». Or «la libération de la haine contre les journalistes est l’une des pires menaces pour les démocraties», s’inquiète l’ONG.

De nouvelles menaces sur la liberté de la presse proviennent aussi des médias de propagande d’Etat, comme les russes Sputnik ou RT. «Le cancer se propage», se désole Gérard Tschopp.


Pour en savoir plus: les articles de la cause Journalisme, dans le cadre des 20 ans du «Temps»

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