Les critiques sont virulentes envers la direction de la RTS depuis que Le Temps a révélé de graves dysfonctionnements voici deux semaines. «Management dur et patriarcal, culture de la peur, manque d’empathie envers les victimes», et l’on en passe. Soucieux d’apaiser les esprits en attendant les résultats des enquêtes indépendantes qui ont été lancées, l’actuel directeur, Pascal Crittin, défend la culture de son entreprise. «Les situations inacceptables décrites récemment dans la presse ne sont pas la norme à la RTS», souligne-t-il.

Les émotions ne retombent pourtant pas. Les collaboratrices et collaborateurs ne relâchent pas la pression sur la direction. Ils ont été très déçus par la première ligne de défense adoptée par cette dernière, qui affirmait que les enquêtes faites sur les cas de harcèlement avaient été «professionnelles». L’une des victimes d’un cadre aujourd’hui suspendu précise ses griefs: «La RTS et son département des relations humaines (RH) ne comprennent pas la problématique du harcèlement psychologique. Plutôt que de condamner le comportement du harceleur, ils soupçonnent un burn-out chez l’employée en remettant surtout en question sa gestion du stress», accuse-t-elle.