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La RTS n’est toujours pas fixée sur son déménagement

L’installation sur le campus lausannois n’aura pas lieu avant 2024 au plus tôt. Désormais, le diffuseur loue ses locaux de la Sallaz

La grande migration aurait dû commencer l’année prochaine, selon les espoirs les plus optimistes. En fait, à Lausanne, la RTS ne déménagera pas sur le campus avant 2024 au minimum, a indiqué son directeur Pascal Crittin lors de sa conférence de presse annuelle, confirmant de récents propos du directeur de la SSR Gilles Marchand au Temps. Le conseil de la SSR ne se prononcera qu’à la fin de cette année.

A ce propos: Gilles Marchand: «La nouvelle SSR sera une ode au fédéralisme»

Devisé à 110 millions de francs, le nouveau bâtiment se situerait vers le Learning Center de l’EPFL. Il regrouperait l’actualité radio-TV, ce qui suppose des déplacements de Genève, mal vus dans la ville lors de l’annonce, en septembre dernier.

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Une RTS locataire

Le projet dit «campus» avait été gelé en vue de la votation sur «No Billag», et en raison des mesures d’économies imposées à l’ensemble de la SSR. En attendant, puisqu’elle a déjà vendu son bâtiment historique de la Sallaz à l’Etat de Vaud, la radio-TV romande est locataire. «A terme, cela nous coûtera plus cher que de construire», assure Pascal Crittin.

Curieuse situation, puisque la maison mère SSR a justement vendu, il y a quelques années, son siège à Berne, pour le louer: l’opération était alors présentée comme un moyen d’économiser. «On ne peut pas comparer des bureaux et des lieux de production, comme Genève ou Lausanne», assure le directeur. A l’en croire, un maintien à la Sallaz est impensable, «songez seulement au fait que nous devrions refaire toutes les façades. Certains studios de La Première se trouvent précisément sur les façades.».

Triomphe de la radio filmée

Ceux qui, parmi les employés de la Sallaz, redoutent le déménagement gagnent donc cinq ans. De quoi plancher sur les projets du moment. Les locaux historiques vont être dotés d’un studio polyvalent, léger, qui permette de filmer la radio. Ainsi, dans quelques mois, Forum sera filmée. Christophe Chaudet, le chef de l’actualité et des sports, résume: «Désormais, pour être entendu, il faut être vu.» Les interventions radio sont saucissonnées pour des capsules exploitables sur les réseaux sociaux. Et «nous pourrons prendre une réaction de Forum pour la diffuser durant le 19h30», ajoute le responsable. Après des années de théorie, la convergence prend forme.

Pour le géant public, cette année sera aussi marquée par la Fête des vignerons et les 50 ans de Temps présent. Outre de nouvelles enquêtes sur des thèmes récurrents, pour la première fois, une soirée de l’émission de reportages, consacrée aux dangers de la montagne, sera réalisée avec des images de téléspectateurs, saisies par exemple avec des caméras embarquées. Manière de se rapprocher du jeune public, après lequel court la RTS, comme tous les médias classiques.

Voir l’hommage de «Temps présent» à Claude Goretta

Des audiences indéboulonnables

Pascal Crittin dépeint une génération des 15-29 ans «omnivore en matière de médias, qui consomme de tout, à parts égales». La consommation classique baisse, mais le rattrapage augmente et YouTube aussi, ce dernier devenant «notre deuxième écran». En termes de parts de marché, la RTS reste indéboulonnable, avec un cumul de 35% pour les deux chaînes TV, obtenant un petit bonus en raison d’une baisse, lente mais constante, de TF1.

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