Un déficit de 12,7 millions de francs contre 14,8 millions budgétés en 2006. L'exécutif de La Chaux-de-Fonds était partagé entre satisfaction et inquiétude, hier, à l'heure de présenter son budget 2007. Car si les efforts - timides - de rationalisation portent leurs premiers fruits après quatre exercices lourdement déficitaires, la situation reste encore «très grave», comme le souligne le rapport qui sera soumis courant décembre au Conseil général (parlement).

Grave, mais aussi incertaine, avec un budget qui ne tient qu'à un fil. En cause: la loi sur les communes, qui interdit que le déficit du compte de fonctionnement dépasse le montant de la fortune nette. Pour se conformer à cette contrainte légale, l'exécutif chaux-de-fonnier a gonflé sa fortune via la vente - encore virtuelle - d'actions du Groupe E (distributeur d'électricité) et de SIM SA (Services industriels des Montagnes) pour un montant cumulé de quelque 9 millions de francs.

La vente de «ses bijoux de famille» permet à la ville de présenter une fortune théorique d'environ 13 millions à même d'absorber le déficit budgété. Reste une incertitude: le Conseil d'Etat, en sa qualité d'autorité de surveillance des communes, exigera des garanties concernant la vente des actions. S'il les juge insuffisantes, il refusera le budget, comme il l'avait fait l'an dernier.

«Les os à gratter»

Il y a plus grave. Que son budget 2007 soit accepté ou non, La Chaux-de-Fonds reste confrontée à un déséquilibre structurel d'environ 15 millions de francs (7% des charges). Une tâche que le Conseil communal juge insurmontable. Dans son langage fleuri, son président, l'UDC Pierre Hainard, considère que les rationalisations ont toutes été menées ou presque: «Le gras est loin, la viande aussi. Restent les os à gratter.»

L'exécutif en veut pour preuve des charges proportionnellement inférieures à la moyenne cantonale malgré un statut de pôle régional. En prenant les charges par habitant et par an (2004), La Chaux-de-Fonds arrive à 811 francs contre 1516 francs pour la ville de Neuchâtel. Même problème pour les recettes des personnes morales. La Cité horlogère perçoit 228 francs par habitant et par an contre 1266 francs pour le chef-lieu. Cette différence colossale s'explique par l'exonération totale sur 10 ans offerte par le canton à de nombreuses entreprises des Montagnes (arrêté Bonny).

Dans ce contexte, l'exécutif chaux-de-fonnier demande un «nécessaire rééquilibrage régional» avec l'introduction, notamment, d'une péréquation sur les recettes des personnes morales. Sinon, la Ville n'aura plus le choix, considère le chef des Finances, Laurent Kurth: dès 2008, elle devra «augmenter les impôts de 15 points» (une augmentation de 5 points a été balayée par la population en septembre 2005) ou «commencer à démanteler».