Y aura-t-il un double départ du Conseil fédéral le 31 décembre prochain? La rumeur a enflé lundi après-midi après que TeleZüri, se fondant sur «deux sources indépendantes parfaitement informées», a propagé la rumeur d’une prochaine annonce de démission du ministre de l’Economie, Johann Schneider-Ammann.

Cette notification, faite à l’antenne et diffusée via un communiqué de presse, a semé l’émoi dans les rangs du PLR. Après une courte réunion, la présidente du parti Petra Gössi s’est contentée d’une déclaration laconique: «C’est une décision personnelle qu’il communiquera lui-même. Je ne peux rien dire d’autre.» Selon TeleZüri, le conseiller fédéral devrait faire part de ses intentions vendredi, jour de séance du gouvernement et dernier jour de la session d’automne des Chambres fédérales.

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Ces dernières semaines, l’état de fatigue supposée du Bernois, âgé de 66 ans, a été évoqué dans les médias mais aussi et surtout par celles et ceux qui le côtoient dans des séances. Cela a déclenché dans les couloirs du Palais fédéral un bourdonnement qui est monté d’un ton après la publication du communiqué de TeleZüri. Petra Gössi considère pourtant que Johann Schneider-Ammann est mieux en forme aujourd’hui que lors de son année présidentielle en 2016, lors de laquelle il a souffert d’une côte fracturée et d’une toux persistante. Le ministre a réagi aux potins par un simple tweet: «Je suis élu jusqu’en 2019. Je ne commente pas les rumeurs.»

«Je connais la date»

Doyenne de fonction, Doris Leuthard pourrait elle aussi communiquer son intention de quitter le gouvernement en fin d’année. Le scénario circule avec une insistance croissante. Elle avait déclaré l’an dernier que la présente législature serait sa dernière. Mais elle n’a jamais affirmé qu’elle resterait jusqu’en décembre 2019. Une interview donnée à CNN Money Switzerland ces derniers jours ravive l’hypothèse d’un prochain départ. Dans cet entretien, elle fait savoir que sa décision est prise. Elle explique qu’il est «difficile, voire impossible de choisir le bon moment», surtout quand on dirige un département confronté à des votations quasiment tous les trois mois. Elle évoque le souci d’éviter à son successeur de devoir défendre dans les urnes un objet controversé quelques semaines après son arrivée. «Connaissez-vous la date?» demande le journaliste. «Oui», répond-elle. «Voulez-vous la partager avec nous?» relance l’intervieweur. «Non», réplique, hilare, Doris Leuthard.

Aucune annonce ne devrait cependant se faire avant vendredi. Doris Leuthard est à New York en ce début de semaine et défend la nouvelle loi sur les télécommunications au Conseil national jeudi. Johann Schneider-Ammann lance mardi, avec Simonetta Sommaruga, la campagne du Conseil fédéral contre l’initiative de l’UDC sur l’autodétermination. Mercredi, il doit défendre au Conseil national la décision du Conseil fédéral sur l’assouplissement de l’ordonnance sur l’exportation de matériel de guerre. Et vendredi, le Conseil fédéral devrait enfin prendre des décisions sur le dossier européen. Les possibilités sont ainsi limitées. Mais Doris Leuthard connaît la date…