La présidente de la Confédération affecte visiblement les rencontres sans protocole avec ses concitoyens. Après Zurich – alors que se préparait la votation sur l'assurance maternité – et après avoir répondu aux questions des auditeurs de la radio alémanique le 1er août, Ruth Dreifuss a consacré deux heures de son temps pour écouter les interrogations des Jurassiens, jeudi soir à Delémont. A l'un d'eux qui voulait connaître sa position face à Expo.01, elle a réaffirmé le soutien du Conseil fédéral: «Cette Expo, nous la voulons. Nous ne sommes pas obligés de la réaliser; mais nous la voulons parce qu'elle permet de créer quelque chose.» Reprenant une formule de Jean Nouvel, elle souhaite que «la Suisse ait le courage de créer l'Expo du siècle prochain», tout en reconnaissant que la partie n'est pas gagnée: «Je ne peux rien vous garantir, sinon réaffirmer notre ferme volonté.»

Evoluant sans filet, répondant à toutes les questions, avec le sourire, Ruth Dreifuss a été appelée à jouer la maîtresse d'école pour expliquer et défendre l'assurance maladie. «Dans ce domaine, il n'est pas possible de donner un coup de baguette magique.» Elle a refusé de confirmer une information annonçant une hausse moyenne de 5% des primes l'an prochain. L'assurance maternité préoccupe également les Jurassiens. «Nous ne sommes pas au bout de l'histoire», a rassuré Ruth Dreifuss, poursuivant avec humour: «Par rapport à l'introduction du droit de vote féminin, on a encore droit à deux essais.» Elle a dû avouer ne pas être sûre de pouvoir mener le projet à son terme. «Si c'est dans deux ans, je pourrai encore le défendre. S'il faut attendre quatre ou six ans, je ne serai certainement plus là.»