Genève est à coup sûr l'un des principaux champs de bataille politiques dans l'optique de la votation fédérale du 25 septembre prochain. L'extension de la libre circulation des personnes aux dix nouveaux Etats membres de l'Union européenne ainsi que la révision des mesures d'accompagnement n'en finissent pas de diviser la gauche genevoise. Face à une fraction véhémente de l'Alliance de gauche qui prône le non, le Parti socialiste s'allie à la Communauté genevoise d'action syndicale, aux Verts et aux communistes afin de convaincre les Genevois de voter oui. Devant les médias, l'ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss a apporté vendredi son soutien au oui. Pour la socialiste, les résultats du scrutin sont déterminants pour la Suisse. En vertu de la clause «guillotine», on ne saurait exclure que l'échec du oui ne remette en cause des accords déjà conclus avec l'Union européenne.

Quant aux craintes d'une augmentation significative de l'immigration, Ruth Dreifuss est catégorique. La Suisse ne peut faire preuve d'arrogance et nier l'évolution de l'Europe qui l'entoure. Les pays du Centre et de l'Est européen bénéficient aujourd'hui d'un taux d'investissement très élevé, qui favorise le secteur de l'emploi. Ruth Dreifuss juge par ailleurs nécessaire d'éviter la délocalisation des entreprises et de favoriser les activités locales. Un vote favorable permettrait non seulement à la Suisse de profiter d'une harmonisation du droit social en Europe, mais renforcerait aussi les mesures dites d'accompagnement pour lutter contre toute pression sur les salaires et les conditions de travail.