Justice 

Saccage chez Eric Stauffer: trois condamnations à Genève

Le commerce du député avait été vandalisé lors de la manifestation sauvage de décembre 2015, célèbre pour les traces laissées sur le Grand Théâtre. Un criminologue fait partie de cette première série d’émeutiers sanctionnés

Les condamnations commencent à pleuvoir à Genève pour ceux qui ont participé à la manifestation sauvage ayant défiguré le Grand Théâtre avec de l’huile de vidange. Les trois premières ordonnances pénales concernent des prévenus — dont un ancien assistant en criminologie et en droit pénal — qui s’en sont pris au commerce du député Eric Stauffer. «Treize autres cas doivent encore être tranchés par la procureure en charge du dossier», précise Henri Della Casa, le porte-parole du pouvoir judiciaire.

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Les trois décisions, rendues le 6 avril et annoncées sur le site de la Tribune de Genève, se rapportent aux événements qui se sont déroulés à l’intérieur du commerce de cigarettes électroniques appartenant à l’ancien ténor du Mouvement citoyen genevois. Le magasin a été vandalisé et deux passants malmenés. Eric Stauffer était lui-même sur place et se félicite aujourd’hui de ces décisions même s’il se dit «scandalisé» par des sanctions «bien trop légères».

Universitaire récidiviste

L’ex-universitaire impliqué, qui a passé 25 jours en détention provisoire, a finalement reconnu avoir été sur place, avoir allumé un engin pyrotechnique dans les locaux, puis asséné une grosse claque à un homme venu secourir le député et encore détenu des engins interdits à son domicile. Déjà condamné pour violence ou menace contre les fonctionnaires, désormais sans emploi et sans revenu, il n’obtient pas le sursis à sa peine de 720 heures de travail d’intérêt général. Selon son avocat, Me Olivier Peter, aucune décision n’a encore été prise quant à une éventuelle opposition.

Le second prévenu, reconnu coupable d’émeute et de dommages à la propriété pour avoir donné un coup de pied dans la vitrine dudit commerce, écope de 90 jours-amendes avec sursis et 500 francs d’amende. Identifié grâce aux vidéos, il a eu l’occasion de méditer 13 jours durant à Champ-Dollon. Le dernier de ce trio, qui avait passé deux jours en détention provisoire, se voit infliger 100 jours-amendes avec sursis et 800 francs d’amende pour avoir participé à cette manifestation violente, donné un coup de poing à une personne qui filmait la scène et brisé le téléphone portable de sa victime.

Nombreuses victimes

Pas moins de 51 plaintes pénales ont été déposées entre le 21 décembre 2015 et le 17 mars 2016 pour des dégâts liés à ce cortège de vitres brisées et de murs tagués. La désormais célèbre manifestation a fait encore une autre victime. Christian Cudré-Mauroux, le chef des opérations, lequel a été dégradé de ses fonctions de numéro deux de la police pour avoir négligé les signaux d’alarme et retenu certaines informations lors de l’enquête interne qui a suivi.

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