La présidence du PDC a désigné vendredi un groupe de travail chargé de sonder les candidats potentiels à la présidence du parti. L'élection demeure fixée au 12 mai, à l'occasion de l'assemblée des délégués à Wil (SG). C'est le président du National, le Zougois Peter Hess, rival de Joseph Deiss lors de la dernière élection au Conseil fédéral, qui présidera le groupe. Siègeront également les deux vice-présidents du parti, Rosmarie Zapfl et François Lachat, le chef du groupe aux Chambres, Jean-Philippe Maitre, le conseiller aux Etats Franz Wicki, les conseillers nationaux Ruedi Imhof et Chiara Simoneschi, ainsi que le président de la section lucernoise Konrad Graber.

Le moins que l'on puisse dire est que la tâche de ce groupe ne s'annonce pas facile. Adalbert Durrer est le quatrième président, après Eva Segmüller, Carlo Schmid et Anton Cottier, à jeter l'éponge sur un constat d'échec ou d'impuissance. Même avec une nature foncièrement optimiste, son successeur s'engagera avec la quasi-certitude d'aller lui aussi au casse-pipe. Les conseils toutefois ne lui manqueront pas. Ils sont aussi nombreux, dans la presse ou sur les ondes, que contradictoires. Au gré des intervenants, le PDC se voit enjoindre de se profiler comme un parti résolument bourgeois, d'occuper l'espace laissé libre au centre ou encore de chercher activement un nouvel électorat auprès des jeunes et des femmes avec une sensibilité de gauche.

Le problème est que chacune de ces solutions est difficilement praticable et conduit également à une impasse. Par rapport à la situation actuelle, le PDC gagnerait sans doute à mettre en place une direction plus soudée et plus dynamique pour épauler le président. Le nouveau président pourrait aussi choisir utilement un secrétaire général qui ne soit pas son clone et qui puisse à l'occasion équilibrer ses positions, voire servir de fusible. Mais ces aménagements ne changeront rien au mal-être existentiel du parti, qui ne peut ni choisir, ni véritablement faire la synthèse entre ses deux ailes opposées.

Un «anti-Durrer»?

D'aucuns appellent de leurs vœux un «anti-Durrer». Adalbert Durrer a sans doute été un piètre président. Avec un chef plus habile, le parti aurait sans doute été en mesure d'éviter le drame à propos de la politique européenne. Mais pour tout le reste, on voit difficilement comment, même avec le plus avisé des présidents, il pourrait avoir aujourd'hui de plus brillantes perspectives d'avenir.