Après le viaduc de Riddes, un autre pont valaisan est-il aux soins intensifs? Personne ne semble le savoir, mais le pont autoroutier qui enjambe le Rhône à Saint-Maurice est interdit aux transports exceptionnels, depuis 2017 déjà. «Le pont est interdit aux véhicules de plus de 44 tonnes», confirme l’Office fédéral des routes (Ofrou), qui précise que «récemment, rien n’a changé concernant cette limitation». Mais faut-il voir dans cette restriction un risque pour les usagers?

L’effondrement d’un pont suspendu, en Haute-Garonne, a tragiquement démontré, en début de semaine dernière, que cette thématique est toujours d’actualité. Le drame a fait deux morts. Selon les premiers éléments de l’enquête, le poids du camion, qui dépassait les 50 tonnes, en serait la cause, l’ouvrage ne pouvant supporter que des véhicules pesant moins de 19 tonnes. Cet accident est survenu quinze mois après l’effondrement du pont Morandi, à Gênes, qui avait coûté la vie à 43 personnes et mis en lumière les problèmes sécuritaires que pouvait engendrer l’usure de certains ponts.

«Pas de risque d’effondrement»

Concernant l’ouvrage agaunois, seul accès autoroutier de plaine pour le Valais, l’Ofrou tient à rassurer. «Le pont n’est pas dans un état mauvais ou critique», assure-t-il. L’office ajoute qu’il «n’y a pas de risque d’effondrement» et que «la sécurité est assurée». Alors, pourquoi avoir pris la décision, il y a deux ans, d’interdire l’accès à cet ouvrage aux véhicules de plus de 44 tonnes? «L’architecture de ce pont est spéciale, une partie des haubans est intégrée dans le béton. Cette spécificité ne nous permet pas d’analyser, en détail, l’entier de l’ouvrage. Nous avons donc choisi ce mode opératoire, pour éviter des dégâts futurs», répond l’Ofrou, précisant qu’il n’est pas prévu de changer cette limitation, dans l’immédiat.

Un projet d’assainissement est en cours de préparation pour remédier à cette situation. Les travaux, qui sont prévus d’ici à quelques années, doivent permettre de renforcer l’ouvrage afin qu’il puisse de nouveau supporter des véhicules dépassant les 44 tonnes. D’ici leur réalisation, l’accessibilité du Valais pour les transports exceptionnels est toutefois assurée. S’ils dépassent le poids limite, «ils peuvent facilement passer par les routes cantonales», détaille l’office fédéral.

Au début du mois, il publiait son troisième rapport sur l’état du réseau des routes nationales. La grande majorité des ouvrages d’art (88%) sont jugés en bon état ou dans un état satisfaisant. Près de 10% (1123 ouvrages) présentent «des dégâts de moyenne importance, sans influence sur la sécurité, mais exigeant une surveillance renforcée». Enfin, «des dégâts importants, n’influençant pas la sécurité structurale ou routière, mais nécessitant une intervention à moyen terme», ont été constatés sur 155 ouvrages (1,5%).