Ce rapport pose les véritables enjeux de la monnaie unique pour la Suisse politique et économique. Ses auteurs ne se sont pas contentés d'énumérer les différents domaines qui peuvent être influencés par le développement des paiements effectués en euros. Ils ont renforcé leurs recherches par des constatations de nature politique qui ne sont pas dénuées d'intérêt.

Pertinentes, leurs remarques sur le paiement des salaires en euros ne passeront pas inaperçues. Les syndicats s'en réjouiront, alors que les branches professionnelles qui, à l'instar de celles des machines, souhaitent verser tout ou partie de leurs salaires en euros en seront fâchées. Ce rapport, il est vrai, ne verse guère d'eau à leur moulin. Il a cependant le mérite de poser de bonnes questions, en particulier celle de la prise en charge du risque de change. On peut en effet difficilement admettre que les entreprises qui émettent le souhait, absolument légitime, de profiter des avantages de l'euro alors que la Suisse n'appartient pas (encore) à l'UE transfèrent le risque monétaire sur les épaules des salariés. De manière générale, le rapport recommande de rester prudent avec l'utilisation de l'euro tant que la Suisse n'aura pas franchement pris le cap de l'adhésion.

B. W.