Président de l'USS, Paul Rechsteiner se montre plutôt satisfait des négociations salariales menées à la fin de l'an dernier. A l'exception de certaines branches (il cite la chimie et la banque), «tout semble indiquer que la tendance à l'individualisation des salaires a pu être inversée au profit d'augmentations redevenues générales», note-t-il. Il salue le fait que la compensation du renchérissement soit à nouveau «une valeur de référence essentielle» et se montre tout particulièrement réjoui par les «augmentations réelles, parfois substantielles», obtenues dans certains secteurs. Il attribue ces succès à «l'engagement des syndicats» et au «taux de syndicalisation». «Quand les gens se sont battus, la lutte a payé», s'enflamme-t-il.

Il souligne aussi les «résultats parfois spectaculaires» décrochés dans la lutte contre les salaires inférieurs à 3000 francs, notamment dans le commerce de détail et les entreprises de nettoyage. «Ces avancées revêtent une importance toute particulière pour les personnes concernées et pour l'ensemble de la société helvétique», ajoute-t-il. Il espère qu'un «pas décisif» sera franchi en 2001 dans «l'élimination de ces salaires de la honte» et compte profiter de «la brève période qui nous sépare de l'entrée en vigueur des accords bilatéraux» pour mener l'offensive, car «les salaires de centaines de milliers d'hommes et de femmes se situent dans une zone où ils virent au scandale». Il veut ainsi infirmer l'idée selon laquelle les syndicats auraient abandonné la lutte contre les salaires de moins de 3000 francs (voir Le Temps du 4 janvier).