Les perdants de Decfo-Sysrem entrevoient une planche de salut. Via des négociations sectorielles, les employés de l'Etat destinés à gagner moins avec le nouveau système de rémunérations pourraient éviter le pire. Il s'agit essentiellement des professeurs de gymnase, du secondaire I et des maîtres de l'enseignement professionnel, qui sauveraient leur pouvoir d'achat grâce à la création future de demi-classes de salaires.

Pour l'heure, le dernier round, daté du 27 mai, des pourparlers qui durent depuis dix mois a accouché d'un projet d'accord qui envisage l'introduction de mesures transitoires pour amortir la baisse salariale prévue au moment de la bascule dans le nouveau système. Cette mesure sera, selon le canevas d'entente mis au point, financé par le capital du fonds des congés sabbatiques. Sous-utilisé, il serait nanti aujourd'hui d'environ 7 millions de francs, selon le département.

A long terme, l'introduction de demi-classes permettrait en revanche de pallier la perte provoquée par le plafonnement de la progression. Cette nouveauté pourrait être discutée une fois le processus de bascule dans le nouveau système achevé en 2013.

Ces concessions qui désamorcent pour l'heure «la grève des notes» se font l'écho des avancées enregistrées sur l'ensemble du dossier concernant la refonte des salaires de la fonction publique.

Manifestations et arrêts de travail, confrontations dures et suspension des négociations ont fini par rapprocher les positions des syndicats et du Conseil d'Etat. Les 80 millions destinés fin mars à la revalorisation des salaires ont débloqué une situation qui semblait dans l'impasse. Au point que la signature d'un document d'orientation portant sur la mise en œuvre de DecfoSysrem semble imminente. Même si, selon les syndicats, il reste encore des points insatisfaisants, tels qu'un salaire minimum insuffisant ou l'inconnue d'un reclassement toujours un cours pour un tiers des «fonctionnaires».