Élections municipales

Sami Kanaan et Christina Kitsos sont les candidats socialistes à la mairie de Genève

Le Parti socialiste a arrêté deux noms pour la course à l’exécutif municipal en 2020

Sami Kanaan et Christian Kitsos partiront ensemble à l’assaut de la mairie de Genève en 2020. Le Parti socialiste a arrêté sa liste de candidats en vue de l’élection du Conseil administratif de la ville de Genève, qui aura lieu en 2020. L’actuel maire de Genève figure donc bien sur le ticket. Lors d’une assemblée générale, mardi soir, il a été élu au premier tour, avec 93 voix sur 129 bulletins. Sa colistière a eu besoin de 4 tours pour le rejoindre. Elle a obtenu 65 voix contre 53 pour Virginie Studenmann.

L’affaire des notes de frais obscurcit un bilan très positif de la majorité de gauche

Sami Kanaan

Dans son discours de candidature, Sami Kanaan n’a pas esquivé l’obstacle. Depuis mardi, il a le statut peu enviable de «personne amenée à donner des renseignements» dans le cadre de l’enquête menée par le Ministère public genevois à la suite du rapport accablant de la Cour des comptes sur les notes de frais du Conseil administratif.

«La routine, le bon sens et l’autocontrôle ne suffisent plus. L’affaire des notes de frais obscurcit un bilan très positif de la majorité de gauche», a lancé le magistrat. Le conseiller administratif a souligné que des mesures ont déjà été prises, mais qu’il faudra «agir pour regagner la confiance» des Genevois.

S’appuyant sur «un bilan riche», Sami Kanaan a notamment cité l’amélioration de la fréquentation des musées genevois, la réouverture du Musée d’ethnographie et la hausse du budget du festival féministe Les Créatives comme des réussites. «Face aux Etats déficients ou réactionnaires, les villes représentent des barrières progressistes», a-t-il conclu, en faisant référence à la manière dont les maires américains s’opposent à Donald Trump.

Lire aussi: Guillaume Barazzone et Rémy Pagani sont convoqués comme prévenus dans l’affaire des notes de frais

Les villes de gauche sont les premiers remparts contre les politiques d’austérité fédérale

Christina Kitsos

Christina Kitsos est conseillère municipale depuis 2015. Née à La Chaux-de-Fonds («une ville qui m’a forgée politiquement») en 1981, elle travaille au Département de l’instruction publique où elle est chargée des affaires migratoires. Dans son discours, elle s’est élevée contre les transferts «inacceptables» de charges du canton vers les communes. Elle a mis en avant sa capacité à travailler en «transversalité»: «Avec la nouvelle Comédie, c’est tout un quartier qui sera transformé.» Elle considère «les villes de gauche comme les premiers remparts contre les politiques d’austérité fédérale».

La désormais candidate a, enfin, puisé dans son histoire familiale pour remporter l’adhésion des camarades: résistance au nazisme, confrontation à la dictature des colonels grecs. Visiblement émue par la décision favorable de l’assemblée, elle a promis de tout faire pour conserver la majorité de gauche au Conseil administratif et regagner la majorité perdue au parlement.

Une envolée tombée à plat

L’élimination, au second tour, de la députée et coprésidente du parti cantonal, Caroline Marti, a pimenté la soirée. La trentenaire avait basé son discours sur un supposé élan générationnel que devait incarner sa candidature: «Je fais partie de la génération précarisée par l’ubérisation de l’économie, de la génération qui descend dans la rue pour dire sa préoccupation concernant l’état de la planète.» Avec 25 voix au premier tour et 15 au deuxième, l’envolée est tombée à plat.

Sami Kanaan est le seul membre de l’actuel Conseil administratif en position de se faire réélire. Sandrine Salerno a effectué les trois mandats autorisés par les statuts de son Parti socialiste, la Verte Esther Alder et Guillaume Barazzone (PDC) ont renoncé à se présenter, victimes des suites politiques du rapport de la Cour des comptes. Rémy Pagani (Ensemble à gauche), mis en prévention tout comme le PDC, pourra difficilement le faire. Il annoncera sa décision lors d’une assemblée générale d’Ensemble à gauche en avril.

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