En se montrant combatif et factuel, Samuel Schmid a fait diminuer mercredi une partie de la pression qui pèse sur lui depuis plusieurs semaines. Même des élus de son ancien camp l'ont trouvé «bon» lors du débat urgent sur l'armée demandé par l'UDC, les Verts et les socialistes. Il s'est aussi montré serein lorsque, à la fin de ce débat, il a, brièvement et de façon sibylline, répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur son avenir: «Je me bats pour une bonne cause, je continuerai à le faire aussi longtemps que ce sera nécessaire, et ce sera encore nécessaire longtemps.»

Personne ne doute cependant de son prochain départ, et le fait que le groupe UDC ait contré la tentative de la direction du parti d'imposer Christoph Blocher comme candidat unique à la reprise du Département de la défense n'y change rien. Mais, après la réhabilitation du programme d'armement lundi au Conseil des Etats et le débat de mercredi au National, le conseiller fédéral se retrouve un peu plus maître de son agenda. Les échéances n'ont toutefois pas changé: il doit se déterminer avant que le parlement ne désigne, en décembre, le président et le vice-président de la Confédération pour 2009.

Mercredi, Samuel Schmid a ignoré les attaques dirigées contre lui par les élus UDC et s'en est tenu aux faits. Il a rappelé que la transformation de l'armée, entamée au début de la décennie, durera jusqu'en 2011. «Entre 2004 et 2008, il y a eu la rupture, avec la réduction des effectifs et de la formation des cadres, avec l'introduction du service long et la possibilité d'effectuer son service en bloc. Maintenant, on entame la phase de consolidation», a-t-il énuméré.

Un rapport l'an prochain

Pour la suite, il renvoie au rapport de politique de sécurité qui sera publié à mi-2009. On y abordera une partie des questions soulevées par les socialistes, comme le développement international, l'appréciation des menaces, la neutralité, la politique humanitaire, l'examen d'autres modèles que la milice, etc. Provoquant la colère de l'UDC, il a salué le fait que, «au moins, le PS a un concept, même si celui-ci n'est pas le mien». De son côté, l'UDC veut remettre l'accent sur la défense territoriale stricte. «Aujourd'hui, l'armée n'est pas en état de défendre le pays et la population», prétend Toni Brunner.

Dans la foulée de ce débat, le National a liquidé une cinquantaine d'interventions parlementaires, dont une demi-douzaine ont été acceptées. Elles portent sur les perspectives de carrière, le code de conduite des soldats, le transport aérien des troupes à l'étranger, l'abandon de la surveillance des ambassades, le stationnement des forces aériennes et la coordination du service militaire avec les besoins de l'économie.