Samuel Schmid ne souhaite pas confiner les armes d'ordonnance dans les arsenaux. Il reconnaît que des mesures sont nécessaires pour éviter la répétition de drames tels que celui qui s'est produit à Zurich. Le plus urgent lui paraît être l'examen de l'aptitude des recrues.

Les statistiques plaident pour un renforcement des critères de recrutement et de détention des armes à domicile. Selon celles-ci, 20% des militaires ont un casier judiciaire, dont un tiers pour des actes de violence. Or, la protection des données fixe un cadre strict à la transmission de ces informations à l'armée. Il y a sans doute là un potentiel d'amélioration.

Passage au scanner

Ce sera là l'un des aspects qui seront examinés par le groupe de travail que Samuel Schmid va instituer au début de l'année prochaine. Vendredi, il a informé ses collègues du gouvernement de son intention de procéder à une «analyse juridique, institutionnelle, militaire et sociologique» du rapport des citoyens-soldats avec l'arme de service.

Ce passage au scanner portera aussi sur l'évolution de la société. Samuel Schmid se dit persuadé que la violence montrée à la télévision a un lien avec les dérapages constatés à l'armée.

«Ce serait une déception»

Il reste cependant sourd aux appels lancés par de nombreux milieux, pas uniquement de gauche, qui disent que l'arme d'ordonnance n'a plus rien à faire dans le buffet du salon. «On doit compter sur le sens des responsabilités des citoyens. Ils restent attachés à notre système de milice», affirme-t-il. Et si l'enquête parvient à la conclusion qu'il est préférable de laisser les fusils à l'arsenal? «Ce serait une déception, mais je n'ai pas le sentiment que c'est à cette conclusion que l'analyse parviendra», pronostique-t-il, en assurant que cette initiative n'a rien à voir avec sa réélection mercredi prochain.

Dans l'immédiat, Samuel Schmid préconise d'améliorer certaines procédures dans le cadre existant, notamment le contrôle des munitions et des armes pendant le service. Si nécessaire, il se dit prêt à transférer du personnel d'un secteur dans un autre, et cela en dépit de la constante réduction des effectifs imposée dans tous les domaines de l'armée.