Un seul élément est certain pour 2009: il n'y aura pas de diminution des mouvements (décollages et atterrissages) d'avions de combat. Avec ou sans remplacement partiel des Tiger. «Les Forces aériennes ont besoin d'effectuer les quelque 22000 mouvements pour remplir leurs missions», a insisté le divisionnaire Markus Gygax, chef ad interim de l'armée de l'air lundi, lors d'une conférence de presse organisée au terme d'une table ronde qui a réuni Samuel Schmid et les représentants des cantons où se situent les bases militaires actuelles - Sion, Payerne, Meiringen (BE) et Emmen (LU). Objectif de cette rencontre: une meilleure répartition des nuisances des avions de combat sur le territoire suisse.

Aucune décision formelle n'a véritablement été prise. Néanmoins, le conseiller fédéral en charge de la Défense, accompagné de Markus Gygax, a présenté les premières évaluations d'une étude dont le résultat final sera dévoilé en même temps que le choix du nouvel avion de combat, qui remplacera la flotte de Tiger.

Vols à l'étranger

Un seul élément concret est ressorti aujourd'hui et les cantons auront jusqu'au 7 novembre pour se prononcer. L'armée a revu sa planification des vols durant l'été. Cette dernière prévoit quatre semaines de pause à Emmen et à Payerne, cinq à Meiringen et sept à Sion. En outre, les Forces aériennes participeront l'année prochaine à une campagne dans le nord de l'Allemagne.

Pour la question de la répartition, pas moins de 25 variantes ont été élaborées. Il ressort essentiellement que les bases de Mollis (GL) et de Buochs (NW), qui avaient prêté à discussion, ne sont plus adaptées à des activités quotidiennes. Par ailleurs, les aéroports civils de Kloten ou Cointrin sont trop surchargés pour offrir une solution de rechange. Au final, seules cinq bases entrent en ligne de compte: les quatre actuelles ainsi que celle de Dübendorf (ZH). Une autre possibilité consisterait à prévoir un stationnement à l'étranger.

L'armée de l'air évaluera plusieurs options allant de trois à cinq aérodromes. Dans l'option à trois bases aériennes, l'armée envisage de retrancher le tarmac de Meiringen ou celui de Sion. Néanmoins, Samuel Schmid a d'ores et déjà affiché son scepticisme face à cette éventualité. «Imaginez les répercussions politiques s'il faut répartir les 22000 mouvements annuels entre trois bases seulement», a fait remarquer le Bernois.

Autre élément à prendre en compte: les finances. «Une nouvelle base ou une campagne à l'étranger entraîneraient des surcoûts», a averti le divisionnaire. Ainsi, l'aménagement d'un nouvel emplacement équivaudrait à une dépense de 80 millions tandis que quatre semaines d'entraînement à l'étranger coûteraient un million, selon ses estimations.

Une réponse à l'initiative Franz Weber

Jean-Michel Cina, le président du gouvernement valaisan, s'est dit satisfait de cette réunion même si aucune décision n'a abouti. «Le Département de la défense nous a démontré que nos attentes étaient prises en compte. Il est disposé à répondre aux critiques des régions touristiques en instaurant des semaines sans vol pendant l'été. De plus, il n'est pas opposé à l'idée de réexaminer la répartition des vols», a confié le démocrate-chrétien valaisan. Une nouvelle table ronde est prévue au printemps 2009.

Le ministre de la Défense Samuel Schmid n'est donc pas resté sourd aux arguments des riverains des trois bases aériennes qui, le 24 février dernier, avaient lancé un appel au chef du DDPS. Ce dimanche-là, l'initiative Franz Weber, qui visait à supprimer les mouvements aériens dans les régions touristiques, est restée clouée au sol. Néanmoins, si sept votants sur dix ont rejeté le texte, Sion l'a accepté à 55,6%, tandis que, du côté de Meiringen et du lac de Brienz, le taux de oui a oscillé entre 52 et 71%.

Avec cette évaluation, le ministre de la Défense est peut-être parvenu à calmer les esprits des riverains mécontents. Néanmoins, il va certainement devoir affronter la colère des Verts à l'encontre des vols touristiques effectués en Mirage sur la base de Payerne. Ceux-ci ne comprennent pas que le Département de la défense permette une telle utilisation civile d'appareils de combat. «Les vols touristiques en Mirage ridiculisent tous les efforts du DDPS pour prouver à la population l'importance des 20000 mouvements annuels de F/A-18 et autres Tiger», soulignent les Verts qui souhaitent désormais interdire cette pratique.