Ville de Genève

Sandrine Salerno: «On ne peut pas demander à un exécutif de gauche de mener une politique de droite»

Le projet de budget 2017 de la Ville de Genève a été renvoyé samedi en commission pour réexamen. La cheffe des Finances, la socialiste Sandrine Salerno fustige le comportement de la droite

Samedi, alors que le fumet des sangliers rôtis emplissait la cour de l’Hôtel-de-Ville sous le son des fifres et tambours célébrant l’Escalade, le Conseil municipal renvoyait au même moment le projet de budget 2017 de la Ville de Genève à la Commission des finances. Après de nombreuses heures et autant de pannes techniques, une majorité du plénum (MCG, PLR, UDC, Ensemble à Gauche et quelques Verts) a estimé que le dépôt d’un amendement déposé le matin même par l’exécutif ne lui permettait pas d’étudier sereinement la copie budgétaire.

La deuxième ville de Suisse sans budget et contrainte de fonctionner selon le principe des douzièmes provisionnels? Il faut remonter à l’hiver 1997 pour retrouver une pareille situation. Laquelle ne pourrait pas durer, espère Sandrine Salerno. La cheffe des Finances socialiste espère convaincre son Délibératif

Le Temps: Les élus reprochent à votre exécutif d’avoir déposé tardivement un amendement sans pouvoir l’étudier. Que leur répondez-vous?

Sandrine Salerno: Qu’il s’agit d’un prétexte ou d’un mouvement d’humeur. D’autant plus qu’il s’agit d’un transfert de charges entre la Ville et le Canton qui n’aurait rien coûté à la Municipalité. Par ailleurs, je rappelle que cette opération blanche répond à une loi cantonale votée par le Grand Conseil.

- Une sortie de l’impasse budgétaire est-elle encore possible?

- Légalement, nous avons jusqu’au 31 décembre pour voter un budget. Nous irons demain devant la commission des finances pour répondre aux questions des conseillers municipaux. Et les convoquer pour une nouvelle séance plénière, si nous constatons qu’une majorité se dégage. Ce n’est pas impossible lorsque je constate que 99,8% du budget convient au Municipal.

- Pourquoi est-ce si important pour vous de disposer d’un budget?

- Matériellement, les douzièmes provisionnels ne posent pas de problèmes particuliers à la Ville de Genève, le Conseil administratif pouvant demander de nouveaux crédits au Municipal. Cette situation, si elle venait à perdurer, pourrait être plus gênante en septembre lorsque de nouveaux postes – pompiers et places de crèches par exemple – deviendront nécessaires. Par contre, en termes de dégâts d’image, il n’est pas sain de ne pas disposer de budget.

- La droite, majoritaire, vous reproche aussi de ne pas répondre à ses demandes…

- On ne peut pas demander à un exécutif, élu pour mener une politique de gauche de présenter un budget de droite! Je remarque que ces critiques proviennent d’un parti (le PLR, ndlr) qui n’a même pas daigné étudier le budget en commission des finances, et qui a décidé de le renvoyer dans cette même commission. Cela n’a pas de sens.

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