Un concentré de rage. Difficile de concevoir crime plus déroutant que celui jugé depuis lundi à Genève. Pour s’être fait bousculer, frapper, traiter de «spaghetti» ou encore de «sale rital», le surnommé Tino, bien décidé à «niquer sa race au négro de la tour», comme il l’appelait en retour, a fini par faire feu à onze reprises sur son pote Hakim — dont cinq balles en pleine tête — dans un déroulé proprement hallucinant. La sanglante exécution s’est achevée dans un tea-room de la cité des Libellules sous les yeux horrifiés des clients et d’un petit garçon de 6 ans. «La pire colère est ressortie en moi et j’ai perdu le sens des choses», explique le prévenu, tout en évoquant «un enchaînement irrationnel» marqué par la peur et la revanche.