On ne peut pas parler d'explosion des coûts de la santé, ceux-ci ont augmenté de manière régulière depuis 1960 et ont même progressé moins fortement ces dernières années. La hausse correspond à une évolution des préférences sociales et individuelles privilégiant la qualité de vie, dont la santé est une valeur prééminente. On ne peut pas non plus parler de croissance de l'Etat providence, puisque la part de l'Etat s'est située en 2000 à son plus bas niveau historique, malgré les subventions fédérales et cantonales pour les réductions de primes.

Ces remises en question d'idées reçues, c'est l'Office fédéral de la statistique (OFS) qui vient de les publier dans une analyse des coûts de la santé de 1960 à 2000.

Selon l'OFS, les coûts de la santé s'élevaient à 43,4 milliards de francs en l'an 2000. La part de ces coûts par rapport au produit intérieur brut, le PIB, a régulièrement progressé dans les quarante dernières années, passant de 4,9% en 1960 à 10,7% en 2000. L'augmentation annuelle moyenne est de 7,3% pour cette période de quarante ans, alors que, parallèlement, les prix à la consommation n'augmentaient que de 3,4%. Il y a donc une hausse réelle des coûts de la santé de 3,9% en moyenne annuelle. De plus, ces dix dernières années, la santé n'a augmenté que de 2,3% en moyenne annuelle, une fois déduite la hausse des prix à la consommation. Dès lors, constate l'OFS, l'augmentation des coûts de la santé n'a en aucune manière un caractère explosif.

Sur les causes, l'OFS estime que «tous les acteurs entrent en jeu: les patients, les fournisseurs de soins, les assureurs maladie et les autorités sanitaires». Il y a eu toutefois un boom des soins hospitaliers dont les coûts par rapport à la facture totale de la santé sont passés de 35,7% en 1960 à 46,8% en l'an 2000. Autre surprise, la part des médicaments a diminué de moitié, passant de 24,2% à 12,6%.

Enfin, si la part de l'Etat dans la prise en charge de la facture a progressé entre 1960 et 1970, passant de 31,4% à 39,5%, elle a diminué depuis de manière constante en passant à 25% en 2000, soit son minimum historique. Mais ce sont les ménages qui casquent, leur part sur le coût total de la santé ayant passé de 63,8% à 68,2%.