en évidence les dangers recelés par l'article constitutionnel sur la santéDe 62% à 39%, la perte de vitesse essuyée par l'article sur la santé dans l'opinion est aussi brutale qu'elle était attendue. Le radical zurichois Felix Guztwiller, cheville ouvrière du projet, et le socialiste valaisan Stéphane Rossini, qui le combat, sont au moins d'accord sur un point: si la cote de l'arrêté constitutionnel a pareillement chuté, c'est grâce à la forte opposition manifestée ces dernières semaines par les professionnels de la santé et les cantons.

La poussée du non se vérifie dans les trois régions linguistiques, mais la part des adversaires résolus atteint un record en Suisse romande, avec 41%, contre seulement 19% de partisans déterminés.

«Campagne très intense des opposants»

«Ces résultats ne m'étonnent pas, confesse Felix Gutzwiller. Je n'ai jamais réellement cru aux 62% du premier sondage. Mais ce retournement reflète clairement selon moi la campagne très intense des opposants, les médecins et les cantons en première ligne. Ils ont engagé plus de moyens que nous. Ce sera difficile de retourner la situation d'ici au scrutin», juge le conseiller national zurichois.

«Les masques sont tombés»

Pour Stéphane Rossini, les 62% de oui révélés par le sondage gfs.berne il y a un mois traduisaient surtout le fait que «les gens ne savaient pas de quoi il s'agissait». Depuis, ils ont pu s'informer au travers de très nombreuses prises de position. La campagne s'est fortement animée. Et du côté des partisans du projet, dit le conseiller national valaisan, «les masques sont tombés». Selon lui, les déclarations de responsables de certaines caisses, mais aussi, dans nos colonnes, celles du professeur Robert Leu (LT du 15 mai) ont «mis sur la place publique les dangers de ces propositions».

Une prise de conscience à laquelle a fortement contribué, selon lui, l'engagement contre le projet des associations de médecins, des infirmières, des responsables d'établissements médico-sociaux.

Stéphane Rossini reste toutefois prudent, d'autant que le PS n'a pas prévu d'offensive de fin de campagne. Et jusqu'ici, la faible présence du public dans les multiples soirées d'information auxquelles il avait participé ne l'avait pas rassuré.